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 Jim Fergus

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Le Mouton Sauvage
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MessageSujet: Jim Fergus   2/9/2009, 09:15

Les Mille femmes blanches de Jim Fergus.

Nom de code : FBI, « Femmes Blanches pour les Indiens ».
Tel est le nom que porta ce programme secret, décidé entre le président des Etats-Unis d’Amérique Ulysse Grant et le grand chef cheyenne Little Wolf.



Nous sommes en 1874 dans les grandes plaines de l’Ouest américain encore sauvage. Little Wolf, grand chef cheyenne doit rencontrer le président Grant pour lui proposer cet étrange deal. Little Wolf voit en ce marché le moyen de survivre pour son peuple aux abois. En échange de milles femmes blanches, le chef propose 1000 chevaux, que des pur-sangs bien évidemment, plus quelques broutilles. Little Wolf entend ainsi renouveler son cheptel. Il espère surtout que grâce à l’apport de ces milles femmes, fertiles et fécondes, le peuple cheyenne pourra survivre encore quelques années supplémentaires. Il souhaite également pourvoir se rapprocher du peuple blanc et ainsi mieux se comprendre pour vivre en harmonie avec ces blancs qui se sont déjà incruster sur les terres des Indiens. On pourrait penser qu’un peuple civilisé comme le peuple Blanc soit offusqué d’un tel marché, de voir considérer ses femmes blanches comme de simples marchandises, comme un simple troupeau de femelles américaines. Mais, en secret, dans les coulisses du pouvoir, c’est tout autre chose. Des tractations sont menées et si officiellement le projet est trouvé ridicule, officieusement, l’échange va bien avoir lieu. Les américains veulent agrandir leur territoire et chasser encore plus les indiens de chez-eux dans le but de récupérer le plus rapidement possible leurs terres. Les premiers pionniers ont déjà commencé leur ruée vers l'or, et avec ses sauvages autour le gouvernement préfère éviter le bain de sang, étant dans l'incapacité de protéger tous ces aventuriers. Sauf qu’il fut difficile de « recruter » mille femmes blanches pour les envoyer « chez les sauvages ». Alors l’état a puisé dans les prisons et les asiles pour en retenir un premier lot en échange de leur liberté.
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Le Mouton Sauvage
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MessageSujet: Re: Jim Fergus   3/9/2009, 08:12

J’avais eu beau m’envelopper d’une couverture, je sentis en sortant la morsure du vent sur mes joues. Nous avons monté le camp au détour d’une mince rivière, bordée de hautes plaines nues. Un paysage désolé, sans intérêt ni rien pour stopper le vent dont les rafales fondent des crêtes lointaines pour assaillir notre petit groupe de tentes collées les unes aux autres, si fragiles et si vulnérables. Nous sommes bien minuscules comparés à la puissance des éléments ! Il n’y a rien d’étonnant à ce que ces gens soient si superstitieux face à eux. Ni qu’ils s’efforcent de gagner les bonnes grâces des dieux des quatre points cardinaux, du ciel et de la terre, sans compter les esprits des animaux sauvages et du temps, car nous vivons à leur merci. Dans cette optique, les Blancs bâtissent leurs forts et leurs maisons, leurs entrepôts et leurs églises comme autant de remparts peu convaincants devant l’immensité d’une Terre qu’ils sont incapables d’aimer, d’un vide qu’ils tentent vainement de combler.

Milles femmes blanches ou les carnets de May Dodd. Il s’agit en fait de retracer la fin d’un peuple à travers une voix, celle de May Dodd, une femme qui a fait partie du premier volet d’échange, une femme injustement internée en asile psychiatrique par ses parents simplement parce qu’elle aimait la mauvaise personne. Tout au long de son périple, elle consignera dans un journal intime ses impressions, ses sentiments, sa nouvelle vie à la fois passionnante, émouvante et d’une profonde tristesse. Elle deviendra réellement amoureuse de son peuple d’adoption et connaissant parfaitement l’âme des Blancs, elle saura très tôt que le peuple indien vit ses derniers moments de liberté et de vie. Elle se rend compte que les plus sauvages et les plus barbares ne sont certainement pas ces indiens, décrits comme un sous-peuple, mais bien son peuple d’origine, les Blancs arrogants et supérieurs.
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Utopie
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MessageSujet: Re: Jim Fergus   3/9/2009, 10:55

Je lis attentivement ... Wink

C'est l'histoire romancée dont tu parles ?
J'étais tellement prise dans l'histoire que j'ai cru que ça s'était réellement passé.. :oops:
En tout cas j'ai envie de lire ce bouquin.

J'ai cherché plus d'infos mais pas grand chose pour le moment, si ce n'est sur l'auteur Jim Fergus et un petit extrait d'un entretien sur France Inter sur ce site mais impossible de mettre la main sur l'entretien de cet époque.

L'auteur, Jim Fergus, part de cette histoire pour imaginer que ce programme d'intégration et de métissage aurait pu réussir, tout en sachant dès qu'il commença à écrire le livre, que cela ne pouvait aller que vers l'échec... En dehors d'un grand livre épique et romantique, l'histoire est aussi, au bout du compte, une tragédie.

Aujourd'hui encore, aux Etats Unis, le problème indien se pose, car les américains dans leur ensemble ont tendance à oublier que lorsque les européens débarquèrent de leurs bateaux pour prendre possession de ce territoire, 12 Millions d'indiens vivaient là. En 1900, ils n'étaient plus que 200.000 !!! Il s'agit bien d'un holocauste prolongé !

En fait, aujourd'hui, la population indienne reprend un peu, certaines tribus ont même eu l'autorisation d'ouvrir des casinos, mais ni pour les Sioux ni pour les Cheyennes, car la population s'est trop amenuisée ! Il s'agit bien d'une lente élimination des indiens, qui n'ont jamais pu, ni voulu, s'intégrer à la société blanche américaine. Ils disparaissent plus qu'ils ne s'intègrent. L'ensemble de leur culture, leurs points de vue, tout cela est tellement étranger pour nous, les blancs...

La seule manière de les tolérer aux Etats-Unis est de les mettre dans des réserves. Ils ne souhaitent pas s'assimiler, et pourquoi le devraient-ils ? Ils ont une culture parfaitement acceptable, c'est la leur, mais nous avons tout fait pour l'éliminer presque totalement : en éliminant leurs possibilités de chasses et leurs terres, nous avons bien sûr éliminé le fondement de leur culture.
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Le Mouton Sauvage
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MessageSujet: Re: Jim Fergus   3/9/2009, 11:09

Utopie a écrit:
C'est l'histoire romancée dont tu parles ?
J'étais tellement prise dans l'histoire que j'ai cru que ça s'était réellement passé.. :oops:
En tout cas j'ai envie de lire ce bouquin.

très intéressant ton intervention sur Jim Fergus. J'avoue ne pas encore avoir eu le temps d'approfondir mes données sur l'auteur. En fait, je le découvre à peine ; ces Mille Femmes Blanches, c'est mon premier roman de Fergus. Roman, il s'agit bien d'une histoire romancée ; même si la façon dont est composée le roman, ces carnets écrits au jour le jour par May Dodd ressemblent à des documents véridiques.
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Le Mouton Sauvage
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MessageSujet: Re: Jim Fergus   4/9/2009, 08:49

Jim Harrison parle de ce livre, Mille Femmes Blanches, comme « (…) un roman splendide, puissant et engagé. »
Personnellement, cette phrase m’aurait suffit amplement pour me convaincre d’entreprendre une telle lecture. Mais s’il reste encore quelques sceptiques, je vous propose encore un nouvel extrait…

Ce soir la lune est cachée, le vent a repoussé les nuages et la voûte céleste brille au-dessus de moi. Je regarde, accroupie, les milliards d’étoiles et de planètes et, curieusement, ma propre insignifiance ne me fait plus peur comme autrefois. Elle me parait au contraire rassurante, puisque j’ai maintenant le sentiment d’être également un élément, si minuscule soit-il, de l’univers complet et parfait… Quand je mourrai, le vent soufflera toujours et les étoiles continueront de scintiller…

toute la sagesse de la pensée indienne sage
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Utopie
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MessageSujet: Re: Jim Fergus   4/9/2009, 09:36

Le Mouton Sauvage a écrit:
Jim Harrison parle de ce livre, Mille Femmes Blanches, comme « (…) un roman splendide, puissant et engagé. »
Personnellement, cette phrase m’aurait suffit amplement pour me convaincre d’entreprendre une telle lecture. Mais s’il reste encore quelques sceptiques, je vous propose encore un nouvel extrait…

Tu es convainquant !! et ce livre peut voyager si il y avait encore des hésitations.
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Fido
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MessageSujet: Re: Jim Fergus   29/9/2009, 10:38

De passage à la médiathèque locale, dans les rayons du F (pas loin de Richard Ford)j'ai apperçu un livre de Jim Fergus: La Fille sauvage.
(Le Cherche-midi Editeur, 2004, 600 pages)

4ème de couverture :
"Sierra Madre, 1932: capturée par un chasseur de pumas, une jeune indienne, la nina bronca, est livrée en spectacle aux curieux dans une sordide geôle mexicaine. Elle appartient à l'une des dernières tribus apaches qui, ayant refusé de pactiser avec les blancs, vivent à l'état sauvage dans les montagnes. Un jeune photographe, Ned Giles, et la nina bronca vont devenir les héros d'une épopée mouvementée et meurtrière, doublée d'une merveilleuse histoire d'amour à l'issue improbable. Par cette fresque épique et romantique, Jim Fergus s'inspire de faits tragiques et dissimulés de l'histoire de l'ouest: la nina bronca a réellement existé, de même que la grande expédition apache, ligue de gentlemen fortunés qui, au nom de la défense de l'Amérique, sont allés aveuglément massacrer de l'Indien."

Écrit après "100 Femmes blanches", il semble tout aussi bon.
Et un de plus dans ma PAL!
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