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 William T. Vollmann

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Le Mouton Sauvage
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MessageSujet: William T. Vollmann   8/9/2009, 08:39

William T. Vollmann est connu pour ses longs romans fleuves, Central Europe, Les Fusils, La Famille Royale… Ce dernier fut l’un des romans qui m’a le plus frappé ces dernières années, tant je me suis senti submergé par ces quartiers de San Francisco où règne la violence du désespoir. Du Tenderloin, j’ai l’impression d’en connaître chaque recoin. Mais avant de parler plus longuement de « La Famille Royale », un petit aperçu de ce que pourra être son prochain livre, « Le Livre des Violences ».

Témoin volontaire des violences qui déchirent le monde et ses habitants, l’écrivain américain William T. Vollmann en a tiré un essai foisonnant où il tente de résoudre l’énigme de la violence : pourquoi les hommes y ont-ils recours, peut-on la justifier ?
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MessageSujet: Re: William T. Vollmann   8/9/2009, 08:42

Wiilliam T. Vollmann est sans doute l’un des plus ambitieux grands reporters de notre temps. Pas seulement parce que l’un de ses loisirs préférés est de sauter dans les trains de fret et de voyager caché, sans destination précise. Mais surtout parce qu’à 21 ans, il dépensait tout l’argent gagné avec son boulot de secrétaire pour partir en Afghanistan voir ce qui se passait après l’invasion des Soviétiques.

Trente ans plus tard, après de remarquables essais sur la pauvreté, les extrémismes, la prostitution ou bientôt le théâtre traditionnel japonais, et des romans magistraux aussi denses que rigoureux comme Récits arc-en-ciel, Des putes pour Gloria et La Famille royale, William T. Vollmann n’a rien perdu de son envie de “comprendre”. Avec Le Livre des violences, un pavé de près de 1000 pages (originellement publié aux Etats-Unis en 2003 chez McSweeney’s, en sept volumes représentant 3 300 pages), l’écrivain a constitué une somme sur la violence en se basant sur ses reportages en Amérique, au Cambodge, en Somalie, en Irak, en ex-Yougoslavie...

Comment vous est venue la volonté de travailler sur la violence ?

William T. Vollmann – J’étais impliqué dans le mouvement antinucléaire et je me suis retrouvé à occuper un terrain dans le New Hampshire avec des militants, pour empêcher la construction d’une centrale. Les personnes qui m’accompagnaient prédisaient une catastrophe, disaient que des gens allaient mourir à cause du nucléaire et qu’il fallait donc l’abandonner. C’était une action non-violente mais le mouvement a échoué parce que la police, elle, a utilisé la violence. A priori, la violence gagne toujours face à la non-violence. Je me suis alors demandé si utiliser la violence ne pouvait pas être une bonne chose ? Pourquoi les antinucléaires n’auraient-ils pas décidé de tuer dix personnes s’ils étaient sûrs que cela permettait d’en sauver dix mille autres ? C’est ainsi que j’ai commencé à réfléchir sur ses questions.

Votre livre repose sur l’idée que la violence peut se justifier dans certains cas. Pour cela, vous avez créé un outil : le “calcul moral”. Comment fonctionne-t-il ?

Prenons un exemple : l’excision des femmes. Les gens qui y sont opposés disent lutter pour le droit des femmes et protéger les enfants de la violence de leurs parents. Ceux qui sont pour disent défendre leur culture et leur religion. Si vous voulez discuter honnêtement de l’excision des femmes et en parler avec les deux camps, tous ces éléments doivent être pris en considération. C’est là que le “calcul moral”, qui pèse les arguments de chacun, prend son sens. Mais c’est aussi ce qui rend les choses complexes. Quelque chose peut être justifiée dans un sens, mais pas du tout dans l’autre.

Spoiler:
 


L’entretien complet sur Les Inrocks.
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MessageSujet: Re: William T. Vollmann   27/6/2010, 06:46

« Jimmy rencontra dans Jones Street une superbe prostituée noire qui lui sourit en se recoiffant et il s’imagina en train de déchirer sa petite culotte et de lui écarter les fesses et de le lui mettre profond dans le cul et il lui dit ouais qu’est-ce que t’es belle tu es la Reine du Tenderloin et la pute lui dit la belle affaire ça veut dire que je suis la Reine de Rien et Jimmy éclata de rire et dit ouais vous autres les putes vous avez toujours réponse à tout. »

Après le fabuleux, inoubliable et indispensable « Famille Royale » sur la reine des putes du Tenderloin, secteur nauséabond de San Francisco, je poursuis ma découverte de ce quartier, toujours avec ce même William T. Vollmann, pour un itinéraire semé d’embuches et de putes. Mon guide spirituel à travers « Des Putes pour Gloria » se prénomme Jimmy, un homme, vétéran du Viêt-Nam, perdu et à la dérive. Je le rencontre pour la première fois dans une cabine téléphonique où il semble parler à une femme (sa femme) – sauf que la cabine est HS depuis plusieurs mois…


Jimmy ne semble posséder qu’un but dans la vie : retrouver Gloria, sa femme, une créature de rêve, un être idyllique qui déchaine les passions, surtout la sienne. Est-ce un être en chaire et en os ou simplement une belle chimère venue perturbée un esprit en décomposition. Seul, Jimmy a la réponse ; toujours est-il que Jimmy passe ses journées et ses nuits à la chercher, à la retrouver, à la croiser…Elle est passée par là, il y a juste une heure, dixit la grosse pute du coin de la rue. Va voir au croisement de la 31ème, elle tapine là-bas dixit le black, mac’ et dealer à la fois de ce bout de trottoir… Elle est partout mais à chaque fois, Jimmy semble l’a loupé de peu…

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MessageSujet: Re: William T. Vollmann   28/6/2010, 14:50

« Jimmy passa un bras autour d’elle, elle le laissa faire, puis ils s’avancèrent dans l’allée et Jimmy crut qu’elle allait l’emmener entre deux voitures mais ils tournèrent au bout de la rue et là se trouvaient trois souteneurs ou des dealers sur un perron près des poubelles et Peggy leur dit ça vous dérange pas d’aller faire un petit tour pendant que je bosse ? Quand ils furent partis, Peggy releva sa robe au-dessus de la taille et s’agenouilla à même le sol crasseux en relevant ses fesses la fente toute saillante comme si seuls ses poils gluants et emmêlés l’empêchaient de jaillir entre ses cuisses ; cette motte puante ressemblait vraiment à une araignée noire cramponnée là et prête à bondir, les jambes de Peggy étaient couvertes d’ovales noirs et de furoncles, il y avait dessus des croûtes aussi satisfaisantes au toucher que des petits renflements sur un gode ou des moisissures sur une feuille de fougère, Peggy dressa son cul bien haut pour que Jimmy puisse la pénétrer facilement et elle enfouit son visage dans ses bras croisés sur la plus haute marche. Un petit vietnamien regardait par la fenêtre »



Market Street

William T. Vollmann semble avoir une tendresse toute particulière pour ses travailleuses du bitume. Il les apprécie et les aime même, quelles soient grosses, couvertes de furoncles ou travesties. Et à travers les pérégrinations de Jimmy dans les bas-fonds de San Francisco, l’auteur poursuit son œuvre sur la société américaine, ses vices et ses bas-fonds avec beaucoup de sentimentalisme et de poésie malgré le ton de ses propos, souvent provoquant et vulgaire, parfois choquant mais au fond aussi émouvant.

Lire « Des Putes pour Gloria » revient à suivre la déchéance d’un homme, qui se sent perdu dans cette nouvelle société, un incompris parmi tant de débris humains laissés à l’abandon, esclave de l’alcool, de la drogue et du sexe. La recherche de Gloria sera un long chemin de croix et couper des mèches de cheveux des différentes putes qu’il fréquente, simplement pour se créer des souvenirs de sa bien-aimée, montre son état de désarroi face à une situation qui l’échappe, là où la fiction et la réalité se rejoigne sans pouvoir distinguer l’une de l’autre…

« Quand Jimmy comprit ce qui s’était passé, le monde parut s’emplir de dégoût comme d’un liquide, il se retrouva balloté dans des vagues acides, le nez et la bouche lui piquèrent, il dut s’allonger sur le trottoir et se sentit mieux au bout d’une minute, mais soudain il ressentit un noyau dur et implacable dans son ventre, quelque chose qui pesait sur ses intestins comme s’il avait avalé un gros morceau de plomb ; le noyau devint brûlant, Jimmy hurla et se recroquevilla, s’efforçant de changer la bille incandescente en quelque chose de doux et d’inoffensif, mais il n’y parvint pas et se mit à vomir sur le trottoir en souffrant le martyr. »

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