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 Takeshi Kitano

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Utopie
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MessageSujet: Takeshi Kitano   27/9/2009, 04:51

Takeshi Kitano est né le 18 janvier 1947 au Japon, est un réalisateur, acteur, animateur de télévision, peintre, poète, chanteur et comique japonais.


Quelques éléments de repère ne concernant ici que le cinéma en tant qu'acteur ou réalisateur.

En tant qu'acteur il est principalement engagé pour des rôles de gangsters au caractère dur.

En 1983, il jouera dans un tout autre registre pour Nagisa Oshima (réalisateur de L’Empire des sens) qui l'engage pour son film Furyo, dans le rôle d'un sergent sadique d'un camp de prisonniers de guerre durant la Seconde Guerre mondiale.

En 1989, il joue dans Violent Cop, un détective sociopathe. Quand Kinji Fukasaku le réalisateur tombe malade, Kitano se propose pour le remplacer. Il remanie considérablement le scénario et transforme son personnage en anti-héros solitaire et à contre-courant. C'est le début de la carrière de réalisateur de Kitano.

En tant que réalisateur il est souvent acteur dans ses films et s'entoure d'une équipe régulière d'acteurs à la manière de Kurosawa ou de Oshima, il fera appel à Joe Hisaishi pour la musique jusqu'à Dolls, il mettra en scène ses peintures dans Hana Bi.

Films réalisés :

Violent Cop - 1989
Boiling Point / Jugastu - 1990
A scene at the sea 1991
Sonatine - 1993
Getting any ? - 1994
Kids Return - 1996
Hana-Bi - 1997
L'été de Kikujiro- 1999
Aniki, mon frère (Brother) - 2000
Dolls - 2002
Zatoichi - 2003
Takeshis' - 2005
Kantoku Banzai - 2007
Achilles and the Tortoise - 2008


Dernière édition par Le Mouton Sauvage le 1/9/2010, 02:30, édité 1 fois (Raison : Boiling Point = Jugatsu)
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Utopie
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MessageSujet: Re: Takeshi Kitano   28/9/2009, 03:04

A Scene at the Sea de Takeshi Kitano



Shigeru (Kuroko Maki), sourd et muet, est éboueur, lors de sa tournée au bord de la plage, il trouve une planche de surf cassée dans une poubelle. De retour chez lui, il la répare avec les moyens du bord et descend à la mer pour l'essayer.
Sous le regard émerveillé de Takako (Hiroko Oshima), aussi sourde et muette, il va au fur et à mesure se consacrer entièrement à sa nouvelle passion.

---

Je ne connais pas l'intention du réalisateur pour ce film et j'ai lu des articles assez différents voire opposés à propos de celui-ci.
Je crois que Takeshi Kitano laisse la part belle au spectateur et ce n'est pas pour me déplaire.
Le scénario est assez linéaire, pas de rebondissement, ni d'interrogation et de nombreuses scènes sans dialogue et pour cause vu que les protagonistes sont muets, peu ne veut pas dire que c'est un film contemplatif dont il n'a pas la lenteur et la même poétique par la façon de filmer. Il n'y a pas de dialogue entre les deux personnages mais il y a des échanges autour et puis il y a la musique de Joe Hisaishi, les films contemplatifs ont une poétique qu'il n'y a pas ici au contraire et c'est bien ainsi, le film aurait eu une tonalité doucereuse qu'il n'a pas du tout.

Shigeru a une vie monotone dans une ville froide, bétonnée, ces images de lieux mornes, gris, le rivage urbain de la côte est tout sauf poétique, des escaliers, des murs, des terrains vides qui n'en finissent plus et tout ce ciment, ce sable noir.
Il n'y a personne si ce n'est quelques surfeurs.
C'est ce qui m'aura le plus marqué dans ce film, un environnement gris, bétonné déserté de toute vie humaine et de toute beauté.
Le métier du jeune homme rajoute à cette atmosphère, éboueur avec des collègues et chef assez durs.
Alors lorsqu'il trouve cette planche de surf même abîmée, c'est un peu comme si il avait trouvé tout à coup un rayon de soleil, une lueur d'espoir, une porte de sortie.
C'est ainsi que je l'ai ressenti, tout à coup il rêve et il s'échappe de cette vie morne, il s'échappe de sa vie !
Takako, sa petite amie, n'est pas particulière jolie, j'ai trouvé que cela accentuait le côté triste, elle est dévouée, silencieuse mais porte un regard admiratif sur Shigeru plein d'amour. Lui a trouvé un objet à sa vie et de quoi rêver, qui va devenir sa passion voire plutôt une obsession au point d'oublier tout le reste son travail, la jeune femme.

A travers sa nouvelle passion poussée à l'obsession, j'y ai vu aussi une histoire sur le destin, la façon de bouger du jeune homme, de marcher, droit, très rapide, toujours au même rythme, sans aucun regard pour ce qui l'entoure, peu importe les copains, la petite amie, les collègues, le boulot, il y va.
Il fonce par cette porte ouverte ( la planche de surf), vers un ailleurs, un horizon meilleur, en répétant et préparant le voyage par la mer.
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Utopie
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MessageSujet: Re: Takeshi Kitano   29/9/2009, 07:13

En fait, en y repensant, j'ai ressenti cette planche de surf trouvée dans une poubelle et cassée, comme une planche de salut pour le jeune homme.



Voilà en résumé, c'est curieux j'ai vu des critiques sur ce film, le thème serait la romance ou la passion, bien pour la romance vu l'attitude assez distante du couple, bof, pour la passion, oui un peu mais peut-être je vois dans la passion quelque chose de plus construit ?
Beaucoup de commentaires parlent de film lent, contemplatif, ce qui m'a influencé sur l'autre message car je ne l'ai pas vu ainsi.
Cette idée de faire du surf est entre passion naissante et obsession, il y a un côté frénétique qui ne m'a pas donné l'impression de lenteur.
Les images où le jeune garçon va à la plage, il y va à un pas rapide sans faire attention à ce qui l'entoure, ses copains, son amie, tout ça avec une démarche particulière.
Cette scène se répète ce qui ajoute à ce côté obsession et frénésie.

Un beau film ou la simplicité n'est qu'apparente, la communication n'a pas forcément besoin de paroles, la caméra reste discrète comme pour ne pas gêner et si ces silences n'empêchent pas les échanges, ils nous aident aussi à voir les non-dits.
Il y a quelques gags plutôt drôles, qui n'ont pas vraiment retenu mon attention, une remise en cause aussi du travail, Shigeru étonne son entourage en le faisant passer après son attrait pour la mer.



Bon je ne sais si certains d'entre vous l'ont vu ? je crois.
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MessageSujet: Re: Takeshi Kitano   30/9/2009, 18:44

Sonatine, mélodie mortelle réalisé par Takeshi Kitano, sorti en 1993.



Bousculé par des meurtres dans ses propres rangs, le bras droit d'un chef yakuza est tenu de se mettre au vert pour une durée indéterminée, le temps que les choses se tassent entre les différents groupes.

Murakawa se retire donc sur Okinawa avec quelques hommes. Dans les premiers temps ils s'y ennuient ferme. Mais petit à petit, sous l'impulsion de leur leader, ces rudes gaillards vont apprendre à s'occuper, et à vivre simplement. Murakawa, homme fatigué et désabusé, va réapprendre à profiter du moment présent, grâce à ce break improvisé.

Il ignore pourtant que pendant ce temps là, son chef est en train d’opérer un rapprochement stratégique avec le groupe rival.

---
Je n'ai pas mis l'affiche du film sortie en France, je ne l'ai pas trouvé ? ou je n'ai pas eu envie, j'aime beaucoup celle-ci.
Un coup de poignard harpon dans le dos ? trahison !
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MessageSujet: Re: Takeshi Kitano   30/9/2009, 18:59

Sonatine (suite)
Mon premier film parlant des yakuzas et ceux-ci sont en "exil" au repos pourrait-on dire.
Et que fait un yakuza en vacances ? rien, il tourne en rond mais pas le film


Au bout d'un certain temps, le yakuza redevient humain ? enfant ? il joue, se repose, oublie.
Il joue parfois à des jeux idiots...


Kitano joue le rôle de ce yakuza que l'on éloigne un moment, fatigué, rappé, usé, oui, alors ces "vacances" forcées qu'il ne voyait pas d'un bon oeil


il finit par en profiter, par vivre et rencontre même une jolie fille, qu'il ira retrouver à la fin ...



C'est un film très sympa, par moment j'avais besoin d'un plan d'orientation, d'un who's who plus exactement, mais une fois en place, je me suis laissée happer par l'histoire avec plaisir... avec un peu la frousse aussi, j'avoue ! Le ton de ce message n'est qu'une façon de chasser l'oppression éprouvée, aussi une façon de ne pas raconter. Un film d'action ne se raconte pas vraiment, ce serait dommage, juste des petits mots pour vous donner envie de le voir !

Deuxième film de Kitano, viendront ensuite Hana-Bi et L'été de Kikujiro pas encore vu mais retrouvé avec joie dans ma pile de DVD à voir, heureusement que j'ai vérifié, j'allais me le procurer ! outch !
Ce mois-ci, pour moi, aura été la découverte de ce réalisateur !
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MessageSujet: Re: Takeshi Kitano   1/10/2009, 14:28

Utopie a écrit:
Je n'ai pas mis l'affiche du film sortie en France, je ne l'ai pas trouvé ? ou je n'ai pas eu envie, j'aime beaucoup celle-ci.
Un coup de poignard harpon dans le dos ? trahison !

Moi, je l'aime bien cette affiche
(version espagnole ou sud-américaine ?) :



Elle est violente et montre parfaitement l'univers et la façon de filmer de Kitano.
L'hémoglobine y est souvent présent pour accentuer la violence du milieu des yakuzas.

Pour l'affiche française, c'est dans le même style, mais avec un coté soigné et épuré : le flingue sur la tempe, mais pas de sang à l'arrière du crane... ce qui n'a plus du tout le même impact visuel.
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MessageSujet: Re: Takeshi Kitano   13/3/2010, 12:20

Comment échapper à Takeshi Kitano ce mois-ci ?

et veut-on y échapper ?

Alors que la Fondation Cartier pour l'art contemporain accueille l'exposition Gosse de peintre de Takeshi Kitano du 11 mars au 12 septembre 2010, de quoi laisser le temps à tous les parisiens (Mouton's Wink et à d'autres d'aller voir cette exposition qui aura de plus le mérite de plaire aux grands enfants et aux plus jeunes (re Mouton's).


Je crois que cette exposition est très ludique et que c'est aussi le souhait de cet artiste polyvalent :


On retrouve une patte enfantine dans la totalité de ses tableaux. Des couleurs vives et primaires superposées comme dans un griffonnage de maternelle. Des formes géométriques simples et des traits grossiers. Du cubisme presque involontaire en somme qui éveillera même l'intérêt des plus petits.



Entre deux explications artistiques sur ses choix et influences, "Picasso, Matisse mais surtout mon père qui était peintre en bâtiment", Kitano ne manque pas de faire rire l'assemblée. Son envie première à travers cette expo ? " Vous faire sourire, rire même peut-être et surtout vous faire plaisir, parce qu'au fond, je ne suis pas un artiste". En d'autres termes, il veut rendre l'art accessible à tous, le rendre "moins snob et plus ordinaire".


source et suite de l'article ici


On peut y voir des peintures mais également des objets revisités, insolites, des installations spécialement conçues pour l'exposition, théâtre de marionnettes, dinosaures, des machines improbables et les visiteurs seront appelés à dessiner un son et à participer et surtout à découvrir un autre Taskeshi facétieux !

L'artiste conduit le visiteur de surprise en gag, de jeu en leçon de chose, se moquant de l'art contemporain, jouant avec les sciences et s'amusant des clichés associés à son pays. Avec cette exposition, il amène d'après lui « une autre définition au mot "art" : moins officielle, moins conventionnelle, moins snob, plus ordinaire ». Le journal du Japon

Des articles ici ou là qui peut intéresser tout le monde et peut-être surtout ceux qui ne pourront pas voir l'expo !

Article intéressant Les Riverains de Rue89 racontent leur rencontre avec Kitano par là et le deuxième ici

Ici vous pourrez voir une petite galerie avec quelques oeuvres !


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MessageSujet: Re: Takeshi Kitano   13/3/2010, 12:43

...

Alors qu'une rétrospective importante est organisée au Centre Pompidou du 11 mars au 26 juin :

Takeshi Kitano, l'iconoclaste

Sa double signature, « Beat Takeshi » pour la télévision et la comédie, « Takeshi Kitano » pour le cinéma et la création sérieuse, ne saurait suffire à organiser ses identités multiples. Nul autre que lui ne va aussi loin dans l'expérience des contraires, ne met à ce point sa création, son image et sa raison en jeu.

Parallèlement à l'exposition Beat Takeshi Kitano, Gosse de peintre que l'artiste a conçue pour la Fondation Cartier, le Centre Pompidou présente en 40 films, téléfilms et documents, pour moitié inédits, la rétrospective la plus complète jamais réalisée à ce jour de son travail de cinéaste et d'acteur.

Demander le programme !


Toutes les séances


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Takeshi Kitano   13/3/2010, 13:04

...

Alors qu'un livre vient de sortir sur Kitano écrit par lui même (une autopsy Wink) aux éditions Grasset



" Je suis venu au cinéma un peu comme on vient au monde. par hasard."

Takeshi Kitano, l'un des plus grands cinéastes japonais, se raconte dans cette autobiographie née de plusieurs années d'entretiens avec le journaliste français Michel Temman.

Comment être à la fois un showman célèbre et un cinéaste exigeant ?
Kitano n'en revient pas de sa " destinée ", lui l'autodidacte qui n'a jamais oublié ses origines modestes. Takeshi Kitano se souvient de sa jeunesse dans le Japon de l'après-guerre : une enfance interdite, une famille nombreuse entassée dans la misère d'un quartier populaire, la passion pour les sciences, ses rêves d'explorateur, les études qu'il poursuit, malgré la pauvreté, grâce à sa mère. Le père, enfin. " Je ne lui adressais jamais la parole. Lui ne me disait jamais rien. "

Des sketchs provocateurs de son alter ego télévisé Beat Takeshi, au cinéma vu comme rédemption tardive : une esthétique de la violence, une musique envoûtante, des antihéros solitaires et torturés, deviennent ses marques de fabrique, comme dans Sonatine.

Pour la première fois, Takeshi Kitano révèle dans cette autobiographie d'une étonnante vitalité son engagement humanitaire en Afrique autant que sa vision pessimiste du Japon, colonisé par l'Amérique et acculturé. Une vision très personnelle de la vie, entre acharnement au travail, bouddhisme zen et épicurisme.


Des extraits ici de cette autobiographie


Je découvre un autre livre paru en 2008 :

La Vie en gris et rose


Illustré par KITANO Takeshi aux éditions Picquier


Takeshi Kitano, réalisateur entre autres des célèbres Sonatine, Hana-bi et Kikujiro, iconoclaste animateur télé, mais aussi acteur, chanteur, peintre, raconte son enfance dans le Japon d’après-guerre.
Une enfance en gris et rose, aux couleurs que son père, peintre en bâtiment, testait sur la porte de la maison avant d’en couvrir les murs de ses clients. Kitano raconte les jeux, les objets, les événements, les rencontres de son enfance et ressuscite toute une époque dans un inventaire à la Pérec qui célèbre l’amitié et les jeux des gosses de pauvres, quand l’imagination et l’invention remplaçaient l’argent.

Si c’est bien l’enfance, comme le pense Kitano, qui détermine notre sensibilité d’adulte, alors la sienne a aussi les couleurs de son gobelet de cantine en bakélite rouge, des caramels aux prunes, des toupies beigoma en plomb et à peine plus grosses que le pouce, des cerfs-volants ornés de guerriers du kabuki, de la chasse aux libellules, de son père brutal et ivrogne et de sa mère qui se battait en vain pour que son fils travaille en classe, alors que lui n’aurait jamais arrêté de jouer…
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MessageSujet: Re: Takeshi Kitano   13/3/2010, 14:23

...

Alors qu'un film vient de sortir en France :

Achille et la tortue

Avec Takeshi Kitano, Kanako Higuchi, Yurei Yanagi


Le troisième film de réflexion de Kitano sur sa condition d'artiste. Machisu, un peintre sans talent, persiste à vouloir exercer son art...
Les aventures picaresques d'un peintre raté, fils d'un riche patron japonais, qui se lie d'amitié avec une jeune femme.
Le film suit l’évolution de Machisu, enfant précocement doué pour la peinture, jusqu’au seuil de la vieillesse (Kitano interprète magnifiquement Machisu adulte).

Particularité du personnage : il s’entête à peindre sans jamais vendre un seul tableau ni faire la moindre exposition. Placé sous le signe d’une fable mathématique selon laquelle le coureur Achille ne pourra jamais rattraper la tortue, le film est un récit d’obstination et d’impuissance.
Source et critique sur Les Inrocks par là !

Fin d'une trilogie débutée par Takeshi's et Glory to the filmmake

Sans que l’on sache réellement pourquoi, Kitano a traversé une mauvaise passe artistique juste après Zatoichi. Ses deux derniers longs-métrages ressemblaient à des entreprises de destruction qui, sous couvert de rendre hommage à Fellini, ridiculisaient son image d’artiste schizophrène, à la fois comique bouffon – Beat Takeshi dans Takeshi's – et réalisateur ovationné – Kitano dans Glory to the filmmaker!. De toute évidence, le cinéaste avait besoin de se mettre en danger pour retrouver l’inspiration et il a gagné en cohérence avec Achille et la tortue qui marque son retour à une narration plus classique. Source et critique par ici


«Achille et la tortue » est un film bien moins délirant que «Glory to the filmmaker ! », et moins torturé que «Takeshis'». C'est d'abord un film sur l'art, la peinture - sur la souffrance du peintre, dès lors que ce dernier est en manque d'inspiration -, dans lequel j'incarne un artiste buté et maudit, Machisu - nom que je lui ai donné en hommage à Matisse, que j'apprécie beaucoup. Je me suis amusé une fois de plus, comme dans mes deux précédents films, à jongler avec les paradoxes. Source et suite ici

Alors que son actualité comporte une exposition, une rétrospective, un livre et un film...

Comment échapper à Takeshi Kitano ce mois-ci ? et veut-on y échapper ?
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MessageSujet: Re: Takeshi Kitano   18/3/2010, 09:03

Ce soir sur Arte passe Tabou un film de Nagisa Oshima qui a réalisé L'empire des sens, Furyo avec Takeshi Kitano, Shinji Takeda, Tadanobu Asano

Kyoto, printemps 1865. Au temple Nishi-Honganji, le commandant Isami Kondo et le lieutenant Toshizo Hijikata sélectionnent les nouvelles recrues de la milice de samouraïs du Shinsengumi, chargée de protéger le shogun (le chef militaire du Japon). Les candidats doivent affronter le meilleur guerrier de la milice. Seuls deux hommes sont retenus après avoir remporté haut la main cette épreuve : Hyozo Tashiro, samouraï de rang inférieur, et Sozaburo Kano, fils de notable à la beauté envoûtante. Tashiro s'éprend immédiatement de Kano. Mais il n'est pas le seul à se consumer de désir pour l'éphèbe.


Citation :

Oeuvre d'esthète, Tabou s'ancre cependant dans un contexte historique précis : le milieu du XIXe siècle, peu après que le shogun a ouvert les ports japonais aux flottes américaines, provoquant des émeutes xénophobes. D'une grande beauté formelle, Tabou laisse une large place aux scènes de combat et aux intrigues meurtrières. Mais Nagisa Oshima transcende avec maestria le film de genre en une brillante évocation des pulsions sexuelles.

jeudi, 18 mars 2010 à 20:35
Rediffusion jeudi 25 mars à 01H10 et dimanche 28 mars à 03H00

Je ferai un fil sur ce réalisateur, une fois vu ce film, à suivre donc.
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MessageSujet: Re: Takeshi Kitano   18/3/2010, 09:14

Utopie a écrit:
Je ferai un fil sur ce réalisateur, une fois vu ce film, à suivre donc.

Un réalisateur que j'apprécie beaucoup !
Pas évident à regarder ses films car il ne fait pas l'unanimité dans la bergerie, mais je ne désespère pas de revoir un jour ses films...
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MessageSujet: Re: Takeshi Kitano   24/3/2010, 06:43

A toutes fins utiles....

Gosse de peintre, Beat Takeshi Kitano à la Fondation Cartier
261 bd Raspail, 75014 Paris
Tlj de 11h à 20h, sauf le lundi
Tarifs : 7,50€ pour les adultes, 5€ pour les –25 ans et gratuit pour les –10 ans

je pense que cette expo est tout à fait ciblée pour la bergerie au grand complet !

Citation :

Dans l’espace Cartier, un théâtre de marionnettes japonais côtoie ainsi une machine à créer des tableaux de Pollock et une vitrine avec de fausses créations de l’armée japonaise visant à transformer les animaux en armes.
Non loin de là, deux installations expliquent avec humour comment un criminel échappe à la pendaison (la corde était trop longue, il était trapéziste…) ou pourquoi les dinosaures ont disparu de la surface de la Terre (parce qu’ils avaient les bras trop courts pour se laver le derrière…).
Enfin, un petit tour au sous-sol vous permettra de découvrir les peintures enfantines de Kitano ou encore ses exploits télé.

On ne saurait que trop vous conseiller cet événement atypique, drôle et ludique. On regrettera certes que l’exposition ne soit pas plus étoffée, mais là encore, tout est fait pour que les enfants ne trouvent pas le temps trop long en compagnie de Takeshi. source


.
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MessageSujet: Re: Takeshi Kitano   31/3/2010, 13:57

« Asakusa Kid » est le récit autobiographique d’un p’tit con venu faire le comique dans les cabarets chauds d’Asakusa, entre deux strip-teases (je vous rassure de suite, Takeshi Kitano n’est pas dans le rôle de la strip-teaseuse mais assure plutôt la fonction du jeune con qui se croyait drôle). C’est de cette expérience que feront les débuts du Beat Takeshi, son nom de scène. Cela n’a rien de commun avec les autobiographies de grands acteurs, réalisateurs, chanteurs ou hommes politiques sans véritablement d’intérêt passionnant. Beat Takeshi montre ici ses débuts, souvent ratés, et nous immisce au cœur d’un quartier chaud de l’époque peuplé de gens bizarres, de clochards, de bêtes de foires et autres strip-teaseuses et bien évidemment de yakusas. De sa renommée et de son succès, il n’en est pas question, et Beat Takeshi s’éclipse dans son roman juste avant de devenir le Takeshi Kitano, réalisateur, que l’on connait mieux et que j’admire beaucoup.


Asakusa n’est plus ce qu’il était, les échoppes, troquets et cabarets sont en passe de devenir une espèce en voie de disparition. Beat Takeshi n’est plus ce qu’il était également. Au lieu de se désagréger dans cet environnement de misère, un coup du destin l’a poussé sur la voie de la réalisation, et… n’est plus le p’tit con comique de ses débuts. Comique, Takeshi Kitano l’est toujours, mais maintenant sa « drôlerie » a une renommée internationale.
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MessageSujet: Re: Takeshi Kitano   18/6/2010, 06:51

Achille et la tortue dernier film de Takeshi Kitano sort en DVD le 18 août prochain pour ceux qui ne peuvent le voir en salle !

Je ne le manquerai pas même si je dois attendre un peu l'occasion car il est à 26 e ... quand même noon ou alors on se cotise ?

Un film qui me plaira, je le sais d'avance et donc je l'attends quand même impatiemment, un film de ce réalisateur et qui nous parle d'art et d'artiste ne peut que me plaire !
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MessageSujet: Re: Takeshi Kitano   30/8/2010, 00:01

Le DVD du film Achille et la tortue est sorti ! Pas au prix annoncé et même avec une réduc en ce moment mais pourquoi les éditeurs sortent des films ou des livres en fin de mois ? c'est stupide !

La rentrée sera certainement sous le signe de Kitano pour ma part, trois films repérés Zatoîchi - Dolls - Takeshi's et j'aurai bien vu Glory to the filmmaker mais l'histoire ne me tente pas plus que ça, à moins que l'un d'entre vous l'ait vu ?

Le célèbre cinéaste Takeshi Kitano se met en quête de réaliser le film ultime pour les amateurs de cinéma du monde entier. Takeshi Kitano imagine tous les genres possibles pour ce projet. Suit à l'écran et hors-cadre une série d'événements imprévisibles liés à une catastrophe prête à changer la face du monde. Dès lors, Takeshi Kitano se doit de non seulement finir son film, mais aussi de sauver l'humanité !



Il fait partie de cette trilogie Takechi's, Glory to the filmaker et terminé par Achille et la tortue, il me semble donc intéressant de ce point de vue pour suivre le travail du réalisateur.

Repéré aussi un film de Yoichi Sai avec Kitano dans le rôle principal, film très noir mais que j'ai mis en attente depuis un moment, Blood and Bones dont j'ai lu des critiques intéressantes.

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MessageSujet: Re: Takeshi Kitano   4/9/2010, 07:20

Masaki est un jeune pompiste vaguement imbécile. Mis à mal par un mafieux excédé par sa lenteur, Masaki lui assène un coup de poing qui lui brise le bras et donc le déshonore. Terrorisé par la menace de destruction visant la station-service où il est employé, Masaki demande de l'aide à l'entraîneur d'une équipe de base-ball amateur, dans laquelle il joue régulièrement. Ce dernier, lui-même ancien yakuza, accepte de rendre visite au chef de gang blessé pour parlementer, mais il se fait humilier à son tour...


Jugatsu (Boiling Point en version française, cherchez l'erreur) est le premier film de Takeshi Kitano véritablement personnel, si l'on considère que Violent Cop fut réalisé par Kitano plus par opportunisme. On y trouve déjà son goût pour le silence contemplatif car fait remarquable : aucune musique dans ce film, Kitano n'ayant trouvé personne à sa convenance pour composer la musique. Après, il rencontrera Joe Hisaishi et la collaboration entre les deux feront une merveille tant que l'un et l'autre deviendront indissociables. On imagine plus un Kitano sans un Hisaishi...

Ce que j'aime dans ce film c'est que déjà tout l'univers de Kitano y est inscrit : les yakuzas, le code d'honneur, les silences, les gags burelesques au milieu d'une violence parfois sanglante. Du très grand art, Jugatsu n'est pas forcément son film le plus connu, mais c'est ce dernier que j'ai eu envie de revoir une nouvelle fois pour mon plus grand plaisir et bonheur.

"C'est un peu mon film chéri, dit Kitano. Je l'aime d'une façon assez particulière, comme des parents peuvent aimer un enfant monstrueux. Je crois qu'il mérite un match retour. Un jour, je lui trouverai une suite" A suivre, peut-être ?


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MessageSujet: Aniki, mon frère   2/11/2010, 07:14

J'ai enfin pu voir Aniki mon frère, un excellent film ! Un film de yakusa mais pas uniquement, un film aussi sur l'amitié.
Le film date de 2000 et j'imagine que d'autres ont du le voir.

Un film sur la guerre des gangs, beaucoup de violence, on tire à vue dans le film dans un subtile mélange de froideur et d'humour, Takeshi Kitano arrive à rendre l'implacable cruauté du milieu avec un humour noir succulent.
Les scènes sont en effet assez cruelles et pourtant il y a une touche qui fait sourire le plus souvent, pour l'effet gore, certains films ont un côté kitch avec un emploi excessif de "sauce tomate", ici on pense au peintre qu'est Kitano et tuer quelques adverses peut se révéler artistique. Sur certaines images on a plus l'impression de jets de pots de peinture savamment orchestrés, la scène en devient drôle, comme une parodie de films de ce genre. On a vraiment beaucoup apprécié ce film où la tendresse est en filigrane.


Avec : Takeshi Kitano, Omar Epps, Kuroudo Maki, Masaya Kato, Susumu Terajima, Royale Watkins, Lombardo Boyar, Ren Osugi, Ryo Ishibashi, James Shigeta, Tatyana Ali...

Pour ne pas se soumettre au clan qui a tué son boss, Yamamoto (Takeshi Kitano), un yakuza de Tokyo, retrouve son jeune demi-frère, Ken (Claude Maki), à Los Angeles. Celui-ci a arrêté ses études pour devenir dealer. Il présente Aniki, "son grand frère", à sa bande.
Débarqué aux Etats-Unis sans parler un mot d'anglais et confronté à une culture qui lui est totalement étrangère, Yamamoto reconnaît Denny (Omar Epps), un gangster afro-américain qu'il a balafré dans la rue. Malgré une certaine méfiance au départ, une amitié inattendue s'instaure entre les deux hommes, Denny étant le seul à comprendre réellement le code d'honneur des yakuzas.
Rapidement, Yamamoto retrouve la vie criminelle qu'il menait au Japon. Il prend la tête du gang, supprime le fournisseur de Ken et donne une leçon à un gang chicano qui voulait quitter son territoire. Le business est florissant, le gang en pleine expansion, le yakusa et ses hommes finissent même par s'allier avec leur rival japonais pour s'agrandir. Mais après son refus de traiter avec la mafia, Yamamoto va engager une nouvelle guerre qui s'annonce sans pitié.


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MessageSujet: Re: Takeshi Kitano   2/11/2010, 08:11



Au milieu des règlements de compte successifs, les acteurs sont bien campés dans leur personnage, une histoire de yakuza aux USA, c'est un film où l'on s'attend à beaucoup de violence et certes elle y est mais les protagonistes sont intéressants et attachants.
Le rôle du grand frère est superbement joué par Takeshi Kitano lui même, impassible en apparence comme souvent dans ses films mais qui montre ses sentiments à travers ses actes. Le scénario n'a rien de surprenant mais l'intérêt est tenu par le sort des personnages, on y voit aussi les rituels yakusas, le code d'honneur très rigoureux, cruel certes mais aussi marque de fidélité.


J'ai aimé aussi retrouvé des acteurs qui accompagnent régulièrement le réalisateur dans ses films, une fidélité à l'équipe en général.
Joe Hisaishi, compositeur attitré de Kitano depuis A Scene at The Sea (1991), Joe Hisaishi est également le collaborateur fidèle de Miyazaki, on retrouve aussi certains acteurs comme Claude Maki (A Scene at the Sea, Aniki, mon frère), Ren Ohsugi (Hana-Bi, Aniki, mon frère) et bien sûr Susumu Terajima, ancien compagnon de route de Beat Takeshi, devenu l’icône du cinéma japonais, (Sonatine, Hana-Bi, Aniki, mon frère, Getting Any ?, Takeshis', Glory to the Filmmaker !) il joue souvent dans les films de Kore-Eda Hirokazu (After Life, Distance, Nobody knows, Still Walking, Air Doll).

Citation :
Aniki, mon frère s’inscrit véritablement dans la tradition des gangsters au cinéma, avec l’ascension puis la chute très hawksienne d’un parrain yakusa. Comme si le déplacement de l’intrigue aux Etats-Unis forçait le cinéaste à expliquer les rites mafieux et à rythmer l’action par des règlements de compte.
Extrait d'un article intéressant à lire ici à propos de Takeshi Kitano
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MessageSujet: Re: Takeshi Kitano   2/11/2010, 12:09

Et comme souvent chez ce cinéaste à un moment il y a la plage ..
Citation :
...une constante: la mer, force d'attraction et de répulsion:
"Quand je suis près de la mer, je sens une violence latente, une tension terrible qui me fascine en tant qu'homme et en tant que cinéaste mais qui m'effraie tout autant. Il ne me viendrait pas à l'idée d'y entrer. Je ne me baigne jamais." (HK, n°5) Source


Je m'aperçois qu'on n'a pas parlé du film Hana Bi, un superbe film également, à voir !

A propos vous trouverez un site sur ce cinéaste avec des articles intéressants sur ses films, une page à propos de la musique de Joe Hisaishi
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