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 Irving Penn

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Le Mouton Sauvage
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MessageSujet: Irving Penn   8/10/2009, 14:44

Alexander Liberman, le directeur artistique de Vogue, écrit : "Un jour, alors que je cherchais un photographe pour une couverture, je lui lançai : "Pourquoi ne la feriez-vous pas ?" Ce fut le point de départ."

Irving Penn va alors inventer, en cinq ans à peine, son image moderne, en rupture avec "l'univers factice" de la photo de mode de l'époque, faite de décors surchargés et d'éclairages théâtraux. D'abord, il invente une lumière. Dans son studio sans fenêtre de New York, en 1946, il conçoit une rampe d'ampoules au tungstène, fixée au plafond, qui coulissait sur un rail, et qui "simulait plus ou moins une lumière naturelle". Ce que Liberman nomme des "tentes lumineuses" confère aux objets et, plus tard, aux modèles "une impression d'éternité" : ils surgissent de la vie, comme si on pouvait les toucher.




Jean Cocteau by Irving Penn, 1948
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MessageSujet: Re: Irving Penn   8/10/2009, 14:46

Irving Penn invente ensuite un fond à partir d'une simple toile grise, neutre, austère. Il va plus loin, en 1948, en limitant l'espace avec deux panneaux de bois assemblés en coin, sorte de refuge au fond duquel il installe son modèle. Kurt Weill, Peter Ustinov, Hitchcock, Balanchine, Max Ernst, Le Corbusier, Dali, Cocteau, le boxeur Joe Louis, et puis Truman Capote transformé en pantin désarticulé sur une chaise, semblent traqués, piqués comme le taureau dans l'arène.

Ces portraits coincés ne sont pas artificiels. Ils collent à ces années de l'immédiat après-guerre et à l'existentialisme dominant. "Illustrations du huis clos sartrien", note Liberman. Ces photographies collent encore à la mode de l'époque, où le tissu manque à cause de la guerre, où les lignes vont à l'essentiel, où la femme se libère.




Truman Capote by Irving Penn, 1965
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MessageSujet: Re: Irving Penn   8/10/2009, 14:53

Et puis Irving Penn invente une photo de voyage. Au Pérou, en Italie, en France, au Népal, en Nouvelle-Guinée, au Maroc. Mais plutôt que de sortir dans la rue pour saisir le monde, il convoque le monde dans son studio, qu'il crée sur place avec trois fois rien, toujours avec un fond gris. Comme s'il n'avait pas bougé, dans ses mouvements comme ses convictions, faisant juste sentir l'atmosphère des lieux en optant pour la stricte lumière naturelle. Il en tirera un livre, en 1974, son plus beau, Worlds in a Small Room ("des mondes dans une petite pièce").

Extraire le modèle de son cadre de vie et le convoquer au studio, c'est lui donner une chance d'exister pour ce qu'il est, quels que soient son statut, sa classe, sa vie quotidienne, mais c'est aussi le transformer, a écrit Irving Penn. Le plus bel exemple en est donné avec ses photos faites au Pérou, en 1948. Il est envoyé par Vogue à Lima pour photographier des robes. A la fin de la mission, alors que toute l'équipe rentre à New York, Penn se rend à Cuzco, qu'il "brûle de connaître". Il déniche "un studio de rêve - grande verrière, sol dallé, toile de fond peinte". C'est là qu'il réalise ses fameux portraits de paysans, adultes et enfants des hauts plateaux, descendus à la ville pour se faire tirer le portrait contre quelques piécettes, et qui, au contraire, seront payés par Penn pour poser.




Cuzco Children, Peru by Irving Penn, December, 1948
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MessageSujet: Re: Irving Penn   9/10/2009, 10:38

Irving Penn va achever son grand tour de la modernité en se confrontant au nu, genre académique par excellence, imposant une autre beauté, loin, très loin du glamour. Nous sommes en 1949. Ce sont des nus sans visage. L'essentiel se joue entre les seins et les genoux, parfois autour du ventre et du sexe. Les femmes sont des modèles pour peintres et sculpteurs, elles sont grosses, potelées. La peau est blanche, laiteuse, gonflée, prête à exploser dans le cadre du photographe.

Autant dire que Penn provoque un choc chez la lectrice de Vogue, dont on imagine qu'elle n'est pas prête à monter sur des barricades. L'indignation se mêle à l'admiration, mais, dans ces années de croissance, et même si la direction de Vogue suggère à Liberman de faire travailler des "vrais professionnels" de la mode et de la nature morte, Penn s'impose.




Nude #70 by Irving Penn, 1949–50
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