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 Walter Mosley

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El Viajero

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Date d'inscription : 18/09/2009

MessageSujet: Walter Mosley   8/11/2009, 02:48

Walter Mosley
“La Musique du Diable”




Walter Mosley, 57 ans, est plutôt connu pour ses romans policiers, mais celui-ci n’en est pas un. Son atmosphère est pourtant tout aussi noire et ses personnages tout aussi singuliers. Un vieux Noir expulsé de chez lui par les services sociaux, malade à crever, et qui dans sa jeunesse a rencontré Robert Johnson (qui lui-même avait rencontré le Diable à un carrefour, selon la légende), est recueilli par sa voisine, une blanche alcoolique à l’âme écorchée vive, qui va se démener pour le soigner, allant jusqu'à en perdre son travail, et presque, la vie. Grâce à elle, le vieil homme hanté par ses souvenirs, va se remettre à jouer du Blues dans un bar, avant que son coeur ne lâche. Ce roman violent, hyperréaliste et bourré d’émotion, soutenu par une écriture acérée, au lyrisme surprenant, est un véritable monument de littérature Blues. Un extrait pour vous:

"Soupspoon se rappelait tous ces hommes et ces femmes qui hantaient ses rêves, brisés par l’existence, écrasés par l’angoisse quotidienne comme l’araignée se recroqueville quand elle sent une ombre sur elle. Dans le Delta, les ombres se succédaient chaque jour, en si grand nombre qu’un homme de couleur n’avait pratiquement aucune chance de se redresser. Femmes et hommes portaient leurs ombres comme on porte un manteau ou un châle, comme les sacs de coton de cinquante kilos qu’ils charriaient sur leurs épaules. Des sacs plus grands qu’eux, grand comme l’orteil blanc de Dieu, toujours prêt à réduire à néant le peu qu’ils avaient, juste pour leur prouver qu’ils étaient toujours en vie.
Le seul moment où ils pouvaient enfin se tenir droits, c’était quand les ombres devenaient nuit. Et même là, on ne pouvait pas dire qu’ils se tenaient droits: ils sautaient, sautaient et se déhanchaient sur la musique. Pour eux, sentir leur propre poids, à l’abri de l’obscurité - une obscurité qui protégeait de toutes les ombres -, c’était la liberté. Et la liberté avait un nom: elle s’appelait le blues.
Salut, le blues, salut, Satan.
Robert Johnson, lui, était à tu et à toi avec le diable, et il savait le convoquer. Le matin même, vous pouviez avoir été dans les transes de la peur, peur que votre femme soit partie, que votre gosse soit mort, que la bouteille soit vide ou que le poison se soit répandu sur le sol. Mais dès que RL se mettait à jouer, la peur s’envolait, car cet homme vous disait: “Eh oui, tout ça est vrai, donc t’as intérêt à lécher la sauce tant qu’y t’reste une langue.”
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