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 Lao She

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Utopie
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MessageSujet: Lao She   13/1/2010, 15:01

Lao She (1899 - 1966) est le nom de plume de SHU Qingchun est un écrivain chinois de la période moderne. Romancier et aussi dramaturge, ses personnages sont tirés du petit peuple de Pékin, dont il a conservé le langage.


Toute sa vie, Lao She gardera un sentiment de précarité et d'isolement que le rend proche des petites gens. C'est aussi ce sentiment de précarité qui l'empêche d'adhérer complètement aux grands mouvements politiques de son temps et qui lui donne une méfiance instinctive du pouvoir (Chiang Kai Chek était avant tout un Han, ennemi des mandchous) et le conduit à s'exitler d'abord en Angleterre, puis aux États Unis.

De retour en Chine en 1930, il se lance dans des écrits satiriques (La Cité des chats), avant de décrire dans Le Tireur de pousse-pousse les terribles conditions de vie d'un paysan qui tente de survivre à Pékin avec les faibles moyens d'un tireur de pousse-pousse.

Le déclenchement de la deuxième guerre sino-japonaise change radicalement son attitude : de 1937 à 1945, il écrit de nombreuses pièces de théâtre, tout en se lançant dans une propagande anti-japonaise dont témoigne son roman Quatre générations sous un même toit, roman de guerre et de la résistance chinoise.

Entre 1946 et 1949, Lao She obtient une bourse du département d'état et il va vivre aux États-Unis.Il est alors, malgré l'exil, un partisan fidèle de Mao. Il revient en Chine quand la République Populaire de Chine est établie. Membre du comité éducatif et culturel du gouvernement, député au Congrès national populaire, il est un personnage influent dans le domaine des arts et des lettres , défendant le système anti-impérialiste et se référant aux Boxers comme à des héros. Il est chargé d'éduquer les masses au moyen de pièces de théâtre.

Cependant, dès 1966, il exprime son angoisse devant la montée de la Révolution culturelle.

« Je peux comprendre pour Mao Tse Tung cherche à détruire le vieux monde bourgeois,mais je ne peux écrire sur ce combat parce que je ne suis pas marxiste, et que je ne peux penser et sentir comme un étudiant de Pékin...Nous autres, lles vieux, nous n'avons pas à demander pardon pour ce que nous sommes. Nous pouvons seulement expliquer pourquoi nous sommes ainsi et encourager les jeunes à trouver leur voie vers le futur. »

Quelques semaines plus tard, Lao She est arrêté, interrogé, battu, sa maison pillée, et saccagée
Il serait mort en se suicidant dans un lac, suicide controversé par diverses personnalités Simon Leys, Claude Roy et famille.

Extrait de la biographie sur Wiki, que j'ai trouvé intéressant pour comprendre ses oeuvres qui me touchent beaucoup justement car il sait écrire sur la précarité, sur le peuple et pour cette sensibilité ces romans sont passionnants.
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Utopie
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MessageSujet: Re: Lao She   13/1/2010, 15:06

Le Pousse-pousse Lao She - Editions Picquier



Le Pousse-pousse, le plus célèbre roman de Lao She, ce sont les aventures de Siang-tse le chameau dans le Pékin des années vingt et trente. Sa grande ambition est de posséder son propre pousse-pousse.

Dans cette ville où tout est régi par la guerre, l'argent, le danger, il ira de désillusion en désillusion et ne connaîtra que la déchéance et le désenchantement. Mais c'est aussi le roman du petit peuple de Pékin, un Pékin aujourd'hui disparu, que Lao She fait vivre, avec humour, sous nos yeux : celui de Siang-tse, de Tigresse et de Petite Fou-tse, celui des petits métiers, celui des colporteurs, avec leur langue savoureuse, leurs misères et leurs fêtes.


L'histoire émouvante de cet homme, de ses espérances, de ses efforts pour se sortir d'une vie difficile et laborieuse m'a vraiment touchée. Au début les déconvenues et toutes sortes de misères qui lui tombent dessus ne vont pas l'empêcher de rebondir et d'essayer d'avancer et d'améliorer sa vie. Il a une vie difficile mais il a l'envie de se battre, on le suit dans ses luttes, lorsqu'il arrête et laisse tomber, la tristesse est là et en même temps la compréhension.

Il y a plein d'anecdotes, le livre fourmille d'idées et d'humour aussi malgré le cadre de la misère.
C'est aussi un portrait d'homme dans la Chine ancienne mais plus réaliste, plus touchante que dans "Histoire de ma vie" où l'on s'immerge mieux dans la vie à cette époque.

Un livre qui se lit aisément et que je recommande.
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MessageSujet: Re: Lao She   13/1/2010, 15:09

Histoire de ma vie de Lao She

Avec une simplicité poignante traversée d'humour, un vieux Chinois raconte sa vie : abandonné par sa femme qui lui laisse leurs deux enfants, il a dû quitter son échoppe d'artisan pour s'engager dans la police où il est resté vingt ans avant d'être renvoyé.

Il a assisté à la fin de l'Empire, au soulèvement des soldats, au changement de régime et aux premières années de la République.

Les rues de Pékin prennent vie, toute une foule d'artisans, de commerçants, de policiers et de soldats s'anime dans les derniers feux d'un monde qui va disparaître.




Au début, j'ai eu un peu de mal, un vieil homme raconte sa vie, une vie ordinaire mais sans joie et l'accumulation des erreurs, des "ratés", bref de ses malheurs, racontée avec un ton particulier, un certain détachement, je me demandais où l'histoire me menait. Mais ce ton particulier est en fait un ton très ironique, un regard plein d'humour sur sa vie.

Lorsque sa femme le quitte, il constate le fait et explique que si elle part avec un autre qui n'a rien de mieux que lui, évidemment, on s'en serait douté, au contraire, c'est qu'il est trop tendre et trop gentil.
C'est vraiment particulier, il se plaint de tout ce qui lui arrive et là c'est entre l'ironie, une certaine fatalité, si il y a une tuile, elle est pour lui. Certainement aussi un reflet de la vie en Chine mais ce n'est pas ce que j'ai perçu le plus, à cause du ton et puis de l'emploi du "je" également, je comprends ce livre plus comme le portrait d'un homme.
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MessageSujet: Re: Lao She   28/2/2010, 23:51


La Cage entrebâillée de Lao She ~ Editions Folio

Dans les années 30, un mot nouveau fait fureur à Pékin tout le monde parle de divorce. Victimes du système traditionnel des mariages arrangés, tous aimeraient bien profiter de la nouvelle législation pour voler de leurs propres ailes.

Lao Li, qui a fait venir sa famille de la campagne, et ses collègues de bureau voient leurs épouses se liguer contre eux. Seul Zhang, l'entremetteur, se croit à l'abri de la contagion; en réalité, d'autres dangers le guettent.

Mêlant scènes domestiques et satire de la bureaucratie chinoise, cette comédie de moeurs aux personnages d'une délicieuse humanité est dominée par l'humour et le sourire.


Dans La Cage entrebâillée un passage où l'on voit Lao li, idéaliste, en quête de romantisme échange ses sentiments avec son ami Zhang, homme très pragmatique et pour qui la poésie se lit mais ne se vit pas, le tout ne manque pas d'humour.

Lao Li et Zhang sont tous deux fonctionnaires, mais Zhang est aussi entremetteur depuis de nombreuses années, il organise les mariages, du choix des époux à la cérémonie.
Une lecture très agréable, un très bon souvenir, de l'humour et de la fraicheur. Pour l'instant je n'ai jamais été déçue par les romans de Lao She, j'en ai d'autres en attente.

Lao li marié et père de deux enfants rend visite à Zhang pour lui parler de ses rêves et de ses tourments. Il se plaint notamment des institutions et du mariage qu'il trouve trop terre à terre, celles-ci manquant de poésie.

"Je voudrais, ne serait-ce qu'une fois dans ma vie, voir une jeune fille que la réalité n'aurait pas encore dénaturée et qui serait passionnée comme un poème, gaie comme un morceau de musique et pure comme un ange !"


Zhang, personnage très terre à terre, lui reproche son manque de réalisme et l'incite à ne plus révasser la nuit à cette femme imaginée.

Lao Li tente de s'expliquer :
"Il ne s'agit pas d'une femme réelle, mais plutôt d'un peu de poésie ! "

"Qu'importe la différence ! Pour moi, ce que tu appelles poésie ne peut être qu'une femme, et une femme, c'est une femme. On n'envoie pas un palanquin avec huit porteurs au domicile d'une jeune fille si c'est seulement pour ramener un peu de poésie." lui répond Zhang en lui indiquant qu'il ferait mieux de régler le problème avec sa femme plutôt que de divaguer, que ces idées là ne mènent à rien de bon."
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