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 Mo Yan

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Le Mouton Sauvage
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MessageSujet: Mo Yan   4/2/2010, 14:26

Mo Yan : « Je suis né à la campagne dans le Shandong. J’y ai vécu 20 ans, enfermé dans mon village jusqu’en 1976, année de la mort de Mao. Comme l’ensemble des Chinois à cette époque, nous vivions dans la misère. De 1959 à 1961, nous avons traversé une période de notre histoire avec les effets du " Grand Bond en avant ". J’étais affamé, j’ai mangé du charbon et j’ai trouvé ça bon. Un voisin qui était étudiant m’avait dit que la vie des écrivains était bonne en Chine et qu’on pouvait manger des raviolis à tous les repas. Dès lors j’ai rêvé d’écrire. Plus les difficultés s’amoncelaient et plus j’en rêvais. Lorsqu’éclate la révolution culturelle en 1966, je suis renvoyé de l’école, classé dans " les mauvais éléments ". Un oncle avait été propriétaire foncier. Paria, interdit d’éducation, j’ai vécu plus de temps avec les animaux qu’avec les hommes. Après avoir cassé l’agriculture en Chine, on brisait la culture. Muré dans le silence et la solitude, je ne voyais que l’écriture pour m’épancher. L’armée était une voie pour y parvenir. Mais je n’y avais même pas droit. Elle était réservée aux familles de paysans pauvres, ou à celles de cadres. J’ai biaisé. Je suis allé travailler dans une usine de coton du district puis j’ai posé ma candidature sans que les cadres de mon village soient au courant. Des amis m’ont aidé. Je me suis engagé en 1976. Dès lors j’étais libéré de la faim, je pouvais penser à autre chose. Lorsque je montais la garde, j’écrivais en pensée. Mes supérieurs disaient que j’étais un bon soldat parce que je restais immobile. C’est dans une chambrée que j’ai écrit mes premières nouvelles. Ma plume s’est emballée, j’ai poursuivi mon éducation dans une école de l’armée puis à l’université de Beida. Mais rien ne pourra faire oublier les douleurs de l’enfance. »

Voilà en guise de présentation un extrait d’une interview paru dans le journal l’humanité
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Le Mouton Sauvage
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MessageSujet: Re: Mo Yan   4/2/2010, 14:30

Années 90, le capitalisme bat son plein dans la Chine actuelle, la corruption est omniprésente. C’est le temps de l’économie socialiste de marché. Les néons illuminent jour et nuit Dalan, les supermarchés fleurissent, la jeunesse semble perdue, démobilisée attendant que la journée se passe au pied des cinémas.

Quelques années plus tôt et 895 pages en arrière, je deviens un lecteur privilégié qui voit enfin naître le petit Jintong en 1938. En compagnie des sept filles aînées de la famille Shangguan, Laidi (« Fais venir le petit frère »), Zhaodi (« Appelle le petit frère »), Lingdi (« Amène le petit frère »), Xiangdi (« Pense au petit frère »), Pandi (« Espère le petit frère »), Niandi (« Songe au petit frère »), Qiudi (« Réclame le petit frère »), la vie s’écoule paisiblement à Dalan, petite bourgade paysanne au Nord-Est du canton de Gaomi.

Paisiblement... ou presque...

Entre ces deux périodes, j’assiste impuissant à l’invasion barbare des « diables japonais », découvre la résistance qui s’installe aux abords du bourg pour saboter la progression de cet envahisseur. La cruauté des japonais fait ensuite place à celle des résistants chinois. La guerre civile s’enchaîne aussitôt entre combattants communistes et partisans du Guomindang (le parti populaire national), avec toujours cette même cruauté, toujours la vengeance d’un camp par rapport au précédent et toujours plus de sauvagerie pour défendre ses idées et la fondation de la République Populaire de Chine. Le « Grand Bond en avant » devient la philosophie du jour où les morts se comptent par dizaines de millions, suivie de la Révolution Culturelle instaurée par Mao Zedong. Je découvre les coutumes de ces paysans chinois, leurs façons de vivre entre famine, inondation, déportation, emprisonnement et exécution publique. Rien ne m’est épargné, des humiliations à la torture, des décapitations au massacre de masse. Je partage au quotidien leur misère, leur richesse, leur espoir et désespoir. Je suis au cœur de cette famille au destin particulier avec le charisme de toutes les sœurs de Jintong : elles seront à tour de rôle Héros de la nation, Bandit notoire, Prostituée, « Immortel Oiseau », Voleuse professionnelle, Cadre du parti communiste chinois... Je croise des guerriers héroïques, des combattants de la liberté, des communistes hystériques, des chamans taoïstes, des bureaucrates corrompus. ...


Que de souvenirs, que de passions, que de moments mémorables et inoubliables parsemés par de petits clins d’œil humoristiques, des anecdotes cocasses du principal protagoniste Jintong, abreuvé au sein maternel tout au long de sa vie de « raté » et d’ « obsédé ». L’occasion de découvrir l’histoire récente de la République Populaire de Chine au cours de ces 60 dernières années...
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Fido
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MessageSujet: Re: Mo Yan   5/2/2010, 00:36

Elle me plait cette présentation, encore un titre à rajouter sur ma pile à lire!
OK, ça fait pas avancer la pensée mais un peu de plaisir en perspective c'est toujours bon à prendre.
Merci pour la piste...
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Le Mouton Sauvage
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MessageSujet: Re: Mo Yan   6/2/2010, 02:56

Fido a écrit:
mais un peu de plaisir en perspective c'est toujours bon à prendre.
Merci pour la piste...

Je suis mouton sauvage, mais l’espace de quelques semaines, j’aimerai bien devenir un « Prince des Neiges ». Peut-être le fantasme d’une prochaine vie, à moins que par malheur, je le fus dans une vie précédente sans en garder le moindre souvenir. J’ai besoin d’un maître taoïste pour m’apprendre le métier, mais je suis volontaire, passionné et je sens que « Prince des Neiges » peut être l’honorable et prestigieuse fonction tant attendue d’un mouton sauvage. Mais, faut-il vous rappeler en quoi consiste le lourd labeur d’un prince des neiges...

« Selon la règle, les femmes qui priaient pour avoir un enfant dans l’année, du lait en abondance et des seins en parfaite santé devaient ouvrir le pan de leur veste et prêter leurs seins aux mains du « prince de la neige ». Deux boules de chair tiède et souple entrèrent effectivement en contact avec mes mains glacées. Je ressentis une sorte d’éblouissement, une onde chaude de bonheur courut sur mes mains et se répandit dans tout mon corps. [...] Ces seins, telles des colombes chaudes, firent une brève halte dans mes mains, puis reprirent leur vol. Cette première paire de seins s’était envolée avant que j’aie pu suffisamment la caresser. Un peu déçue, mais reprenant espoir, je replongeai mes mains dans la neige pour qu’elles recouvrent leur propreté et leur pureté. J’attendais avec une certaine impatience la deuxième paire de seins. Celle-là, je ne la laisserais pas partir comme ça. De mes mains fermes, je les saisis brusquement. Ils étaient fins et délicats, ni vraiment mous, ni vraiment durs, tels deux petits pains cuits à la vapeur qui viennent de sortir de la corbeille de bambou ; je ne pouvais les voir mais savais qu’ils étaient blancs et lisses. Leurs tétons étaient minuscules comme deux petits champignons. Je les saisis dans la main, formant en moi-même les vœux les plus magnifiques. Je les pinçai une première fois : je souhaite que tu mettes au monde en une seule fois trois gros bébés. Je les pinçai une deuxième fois : que ton lait jaillisse avec l’abondance d’une source. Une troisième fois : que l’arôme de ton lait soit sucré comme la rosée bienfaisante. Gémissant à voix basse, la femme s’échappa subitement. [...] La quatrième paire de seins ressemblait à deux cailles au caractère impétueux, au plumage jaune foncé et au bec dur. Un cou épais et court. Un bec solide qui ne cessait de picorer dans mes paumes. Dans la cinquième paire, on eût dit qu’étaient cachés deux nids de guêpes. Dès que mes mains se mirent à les caresser, résonna un bourdonnement à l’intérieur, et du fait de la présence de ces guêpes, la surface de ces seins était brûlante, mes mains tétanisées, et je formulai d’innombrables vœux merveilleux pour eux. »
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Fido
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MessageSujet: Re: Mo Yan   13/2/2010, 12:59

Ayé! que de beaux seins et de belles fesses dans ce roman! (il y a des têtes de rat aussi)
150 pages déjà et tout un univers est là présent, les diables japonnais sont passés, le curé suédois à laissé sa trace et le bambin tête et ne pense qu'à ça...
Allez, j'y retourne !
miam
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Le Mouton Sauvage
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MessageSujet: Re: Mo Yan   13/2/2010, 14:16

Fido a écrit:
Ayé! que de beaux seins et de belles fesses dans ce roman! (il y a des têtes de rat aussi)
150 pages déjà et tout un univers est là présent, [...]
Allez, j'y retourne !
miam

Voilà où se cachait le Fido depuis quelques jours Exclamation au milieu de beaux seins et de belles fesses... zen1
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Fido
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MessageSujet: Re: Mo Yan   28/2/2010, 12:36

J'aime pas ça, mais j'ai fini par l'abandonner le Mo Yan.
J'sais pas, trop de trois ou quatrième oncle, une tété trop longue, l'obsession de la mamelle ou l'immortelle oiseau... Ça a fini par me fatiguer.
J'y reviendrais un jour peut être ?
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Le Mouton Sauvage
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MessageSujet: Re: Mo Yan   20/3/2010, 07:41

Fido a écrit:
J'aime pas ça, mais j'ai fini par l'abandonner le Mo Yan.
J'sais pas, trop de trois ou quatrième oncle, une tété trop longue, l'obsession de la mamelle ou l'immortelle oiseau... Ça a fini par me fatiguer.
J'y reviendrais un jour peut être ?

Oup's... Désolé pour le conseil, alors...
Malgré sa longueur, j'ai été accroché jusqu'au bout... Est-ce que cela fait de moi un obsédé de la mamelle ?

Alors second conseil pour découvrir Mo Yan : La maître a de plus en plus d'humour !



Un petit et léger roman (moins d'une centaine de pages), de l'humour et de la joyeuse émotion au milieu d’une profonde et acerbe critique du néo-capitalisme chinois.

Lao Ding, alias « Le Maître », a consacré sa vie pour son Usine, sacrifices et privations en ont fait un ouvrier modèle qui ne compte plus les distinctions honorables orchestrées par les hauts dignitaires du Parti. A seulement un mois de sa retraite, Lao Ding se trouve purement et simplement licencié suite à la faillite de son Usine.

Maître Ding voit donc son monde s’effondrer sur ses vieilles épaules frêles. Que devenir, comment subvenir à ses besoins les plus minimes, payer les factures et assurer la survie de son couple. Maître Ding a certes toujours été ouvrier, mais n’en ai pas moins intelligent, et surtout il a de plus en plus d’humour... Une idée lui survient en regardant quelques-uns de ses compatriotes autour du lac artificiel à deux pas de son ancienne usine. Mais cette pensée mise en application est-elle bien légale ?
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Utopie
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MessageSujet: Mo Yan   10/10/2010, 15:17

Le Radis de cristal aux éditions Picquier poche, traduit par Pascale Wei-Guinot et Wei Xiaoping

Premier roman de Mo Yan en 1981, alors qu'il prend son nom de plume Mo Yan, "celui qui ne parle pas".


Ce livre comporte deux courtes nouvelles :

Le radis de cristal

Dans l'univers fruste d'une campagne chinoise, un enfant vagabond qui ne communique jamais par la parole s'émeut d'une caresse, d'un crépitement, de brèves émotions furtives: à travers son regard, les sons, les odeurs, les matières et les couleurs prennent une intensité poétique poignante.


Le déluge :

Le narrateur nous raconte l'histoire de ses grands parents, un court moment de leur vie, ils vivent au coeur des marais et les quelques jours que nous partageons, se passent à la naissance de leur fils, soit du père de celui qui raconte.

J'ai apprécié l'écriture, la poésie et la rudesse des deux récits, une nature omniprésente, pas celle des contes de fées, même si ces textes ont beaucoup de poésie, des situations particulières. Les deux histoires se présentent comme des tranches de vie, et si l'on sait un peu du passé des protagonistes, on ne sait rien de leur futur.
Dans la première l'histoire du petit garçon, Noiraud, est terrible, travaillant dans un chantier de construction, il est chargé de la forge, c'est un travail difficile pour ce jeune garçon rêveur.


Avec ce livre Mo Yan aura une reconnaissance immédiate, mais ce n’est qu’avec son Clan du Sorgho , qui sera porté à l'écran sous le nom Le Sorgho rouge par Zhang Yimou en 1986, qu'il atteindra sa notoriété actuelle. Il démissionne de l'armée en 1997, pour disposer de plus de liberté de création.



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Utopie
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MessageSujet: Re: Mo Yan   10/10/2010, 15:30

Citation :
C'est un des écrivains les plus réputés en Chine et à l'étranger aujourd'hui. Son style se caractérise par son traitement très libre de thèmes comme le sexe, le pouvoir, la politique décrivant sans détours mais non sans humour les méandres psychiques et physiques de la Chine contemporaine. Son intelligence et son interprétation de la Chine contemporaine expliquent sans doute pourquoi il n'a jamais été encore censuré - à l'exception de certains passages lors des premières éditions de Beaux seins, belles fesses. (source wiki)

Je suis retombée sur cet auteur car j'aimerai voir Le sorgho rouge de Zhang Yimou et j'ai trouvé une interview de Mo Yan à l'occasion de la sortie de son dernier livre La dure loi du Karma et ai cherché sa bibliographie.

A noter que ce dernier titre vient de sortir en poche aux éditions Points



Une partie est traduite en français :

* Le clan du sorgho - 1993
* Les treize pas - 1995
* Le radis de cristal -1998
* Le Pays de l'alcool - 2000
* Le clan herbivore] - (non traduit)
* La forêt rouge - (non traduit)
* Le Supplice du santal - 2001
* Explosion - 2004
* Beaux seins, belles fesses - 2004
* La Carte au Trésor - 2004
* Enfant de fer - 2004
* La mélopée de l'ail paradisiaque - 2005
* Le maître a de plus en plus d'humour - 2006
* Le chantier - Éditions du Seuil, 2007
* La joie - (Huanle) - 2007
* Quarante et un coups de canon - 2008
* La dure loi du Karma - 2009.
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