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 John Fante

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Le Mouton Sauvage
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MessageSujet: John Fante   19/4/2010, 10:40


"...Un jour, j'ai attrappé un livre, je l'ai ouvert et c'était ça. Je restai planté un moment en le lisant, comme un homme qui a trouvé de l'or à la décharge publique.(...) les phrases coulaient si facilement à travers la page, c'était comme un flux. Chaque ligne avait son énergie et était suivie par une autre. La vraie substance des phrases donnait une forme à la page comme si elle était sculptée. Enfin je découvris un homme qui n'avait pas peur de l'émotion. (...) Le début de ce livre me fit l'effet d'un miracle énorme et violent. Le livre était "Demande à la poussière" et l'auteur John Fante. Toute ma vie son influence a illuminé mon travail. (...) Oui, Fante a eu un énorme effet sur moi. Peu de temps après avoir lu ses livres, j'ai commencé à vivre avec une femme, elle était une plus grande ivrogne que moi, nous avions de grandes bagarres; souvent je lui criais : "Je ne m'appelle pas Fils de Pute, je m'appelle Bandini, Arturo Bandini". Fante était mon Dieu ...

préface de "Demande à la poussière", signée Charles Bukowski !

Je pense que c'est la meilleure présentation qu'il soit pour débuter un fil sur John Fante. La meilleure, et sans aucun doute l'un des plus beaux et plus vibrants hommages d'un disciple à son maître... Ên plus, j'ai ce point commun avec Charles Bukowski : moi aussi, j'ai découvert Fante avec Demande à la poussière ! Maintenant que je sais ça, j'en suis encore plus fier et je vais pouvoir me la péter dans les salons littéraires que je ne fréquente pas !
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MessageSujet: Re: John Fante   20/4/2010, 11:35

Fils d'émigré italien, John Fante naît au Colorado, États-Unis, en 1909, au sein d'une famille croyante et conservatrice. Son enfance de gamin des rues turbulent se fera au sein d'une école jésuite, où Fante découvrira douloureusement le besoin de liberté, la sexualité, et l'écriture.

Il commence à écrire très tôt et, si on en croit ses romans autobiographiques, se montre comme un enfant particulièrement sensible, enflammé, charismatique et avide de la beauté du monde.

Son premier roman Bandini, parait en 1938 (bien qu'il ait déjà écrit précédemment le livre La route de Los Angeles en 1933 et corrigé son ébauche vers 1936, lequel ne sera publié qu'après sa mort en 1986). Largement autobiographique, on y suit les pérégrinations du jeune Arturo Bandini, fils d'immigrés italiens, habile rhéteur, manipulateur, joueur et jouisseur, chercher une place au soleil à partir de son Colorado natal. L'œuvre est habile, élégante, montre un Bandini/Fante sûr de lui et de sa folie, bien en adéquation avec la personnalité de Fante : menteur, joueur, il n'a pas hésité ici, et comme il ne cessera de le faire, de travestir la réalité, pour lui donner plus de substance, plus de goût, plus de puissance. Et l'effort marche à merveille : Bandini est un héros inimitable, border-line, toujours à chercher l'extrême et la nausée dans ses envies : l'art, la philosophie, les femmes. Bandini constitue le premier quart d'un cycle autobiographique constitué de La route de Los Angeles, Demande à la Poussière, et beaucoup plus tardivement de Rêves de Bunker Hill.

Bio partielle extraite de Wikipedia.



Ainsi, mon premier Bandini fut mon premier Fante et inversement : Demande à la poussière ! Un hymne à la vie, la vraie, un hymne à la vérité, la vraie, celle d'un écrivain pas encore reconnu, bourré de talent, qui ne demande qu'à éclore et à être lu parmi les nombreux récits sans intérêt qui squattent les rayons des bibliothèques municipales et des librairies, des livres sans avenir... Tandis qu'un Bandini ne s'oublie jamais. Un Bandini vous touchera au coeur de vous même. Un Bandini ne vous laissera jamais insensible car un Bandini raconte la VIE, tout simplement.

Arturo Bandini a écrit:
Mon conseil à tous les écrivains qui débutent est très simple. Je leur recommanderais de ne jamais éviter une expérience nouvelle. Je les exhorterais à vivre la vie dans toute sa crudité, la prendre bravement à bras-le-corps, l’attaquer à poings nus.

Un Bandini, c'est aussi une plongée dans les bas-fonds de L.A., un voyage dans la poussière des rues.

Arturo Bandini a écrit:
Dans le caniveau je repère un long mégot. Je le ramasse sans gêne aucune, et je l’allume, un pied dans le caniveau, j’en tire une grande bouffée et souffle la fumée en direction des étoiles.
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MessageSujet: Re: John Fante   3/5/2010, 14:14

J’avais donc laissé le fameux mais pas encore célèbre Arturo Bandini au milieu de la poussière et de son hôtel miteux à flanc de colline. Quelques années se sont écoulées, qu’est donc devenu ce grand écrivain en devenir, Arturo Bandini ?

Je l’ai donc retrouvé à Bunker Hill, seul avec sa machine à écrire et ses rêves. L.A., l’usine à rêve et Hollywood ! Arturo a toujours cette foi qui ne le quitte presque jamais, sauf dans les moments de désespoir, de solitude. Il EST un grand écrivain, sans nul doute l’un des meilleurs dans la lignée d’Hemingway. Il va être enfin reconnu à sa juste valeur. Il a vendu une nouvelle et il a même été embauché comme scénariste à Hollywood, le rêve américain est en marche.


Scénariste à Hollywood, un gros chèque en fin de semaine, Arturo Bandini a réussi ! Finies les misères, dissolues les galères, payées factures et dettes. Mais Arturo n’est pas encore satisfait de sa vie, une caisse, un beau logement, un bureau… Que lui manque-t-il ? Juste le fait d’écrire au moins une ligne, car de scénario il n’en est guère question. Il est là, maintenu à son bureau, juste au cas où, juste en attente d’un contrat… mais le scénario ne viendrait pas, ou s’avérera totalement débile… Alors la fierté d’Arturo Bandini, en grand écrivain qu’il est, ne supportera pas la situation bien longtemps.

Arturo Bandini se retrouve toujours au même point de départ, seul avec sa machine à écrire. Il tente de retranscrire ses émotions, sa vie, ses déboires avec L.A., avec les femmes. C’est un grand écrivain, le meilleur qu’il ne soit, aucun doute là-dessus. Bunker Hill n’est pas qu’un rêve, il sera enfin et bientôt reconnu à sa juste valeur et tout Hollywood sera à ses pieds, à sa merci. Ce n’est juste qu’une question de temps.

Arturo Bandini a écrit:
« Je me séchai, enfilai un caleçon et entrai dans la cuisine. Elle était devant la cuisinière, le dos tourné, en train de préparer mon petit déjeuner. L’expert des appendices charnus que je suis détecta aussitôt la contraction de ses fessiers – signe indubitable de fureur chez une femme. L’expérience m’a appris à me montrer extrêmement prudent en présence d’une métamorphose aussi spectaculaire des fessiers féminins, si bien que je m’assis sans moufter. »
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MessageSujet: Re: John Fante   6/5/2010, 14:04

Sur un plan personnel, j’avais bien aimé « Demande à la poussière », ma première entrevue avec Arturo Bandini, ce fabuleux écrivain qui traîne encore et toujours dans les poussières de L.A. en attendant la consécration. Ce second volet des aventures d’Arturo Bandini (le dernier en date créé par John Fante) m’a encore plus enchanté. Je l’ai trouvé encore plus fabuleux. Arturo est toujours le même, rêveur et passionné, qui fonce tête baissée dans son ambition ultime, celle de devenir le plus grand écrivain. Et à ce titre, il réussit, à mes yeux. Il est drôle, il est émouvant. Je souris, je pleure, je ris aux larmes et la tristesse m’accapare par moments. Fante et Bandini sont deux êtres littéraires exceptionnels et en prime, ce dernier volet montre un Fante qui se « bukowskise » et un Bandini toujours aussi malheureux avec les femmes…

Arturo Bandini a écrit:
« Je m’allongeai sur le divan et l’attirai vers moi, sa bouche rencontra la mienne ; elle était douce, fraîche et pleine. Brusquement je portais la main à ma braguette et tirai sur la fermeture Eclair, tandis qu’elle se dressait pour relever sa jupe et retirer sa petite culotte blanche. Elle s’allongea par terre, puis écarta bras et jambes.
« Dépêches-toi », haleta-t-elle.
Je roulai au pied du divan et me mis en position entre ses longues jambes fuselées gainées de bas, mais ma fermeture Eclair était coincée, et je me battis désespérément avec elle. Les mains de Thelma descendirent vers ma ceinture, et après un effort violent mon pantalon fut sur mes chevilles. Je me penchai sur elle, mon outil au garde-à-vous ; j’essayai de la harponner, mais ratai mon coup plusieurs fois de suite. Thelma poussa un petit cri de contrariété, puis saisit mon truc pour essayer de le faire entrer. A cet instant précis, j’entendis le bouton de porte grincer, le bruit de la porte qui s’ouvrait, je dirigeai mes yeux vers la porte et découvris Harry Schindler qui nous regardait. Toute vie abandonna mon outil, et je restai allongé là, pétrifié de terreur tandis que Thelma, elle aussi en état de choc, tenais ma verge molle dans sa main. »




Rêves de Bunker Hill
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Utopie
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MessageSujet: Re: John Fante   7/5/2010, 00:08

D''où viennent ces photos, jolies illustrations ! A ce propos les couvertures des éditions 10/18 sont superbes.

Tu me donnes envie de me replonger dans ses bouquins, j'ai eu des fous rire en le lisant, il a une façon de raconter même des événements tristes ou pathétiques de telle manière que s'en est drôle, une ironie sur lui-même ou son personnage que j'adore.

A propos de son dernier livre Rêves de Bunker Hill :

Fante épouse en 1937 une jeune et belle éditrice, Joyce, puis publie Plein de Vie dont le succès lui ouvrira les portes d'une carrière de scénariste à Hollywood. Cette carrière fut vraisemblablement alimentaire pour Fante, qui regrettait la cruauté bruyante de son travail de romancier. Il ne quittera cependant jamais ce dernier, dictant encore à sa femme Joyce les épreuves de Rêves de Bunker Hill à 74 ans, rendu aveugle par des complications de son diabète.
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MessageSujet: Re: John Fante   11/5/2010, 07:53

Utopie a écrit:
D''où viennent ces photos, jolies illustrations ! A ce propos les couvertures des éditions 10/18 sont superbes.

Tu me donnes envie de me replonger dans ses bouquins, j'ai eu des fous rire en le lisant, il a une façon de raconter même des événements tristes ou pathétiques de telle manière que s'en est drôle, une ironie sur lui-même ou son personnage que j'adore.

Les photos de Bunker Hill ont été prises ici ou là par quelques amis internautes (même s'ils ne savent pas qu'ils sont mes "amis") et je les ai trouvé, en plus d'être belles, particulièrement en adéquation avec ce roman de Fante... Un Fante qui me fait également rire ainsi que la manière dont avance dans la vie son héros littéraire Bandini... Je me souviens avoir acheté cet exemplaire dans une brocante de ma localité à 50 centimes d'euros, mais ce genre de découverte reste rare car je comprends bien ceux qui ne veulent pas se séparer d'un Fante, d'un Bandini ou d'un Bukowski. Ces lectures, on préfère les garder égoïstement près de soi pour quand l'envie nous prendra !
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