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 John King [Angleterre]

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Le Mouton Sauvage
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MessageSujet: John King [Angleterre]    23/6/2010, 14:34

Et, si pour changer, on causait foot !

Le roman, mais c'est pareil dans la vie, commence toujours par une pinte de Guinness, suivie d’une deuxième, puis d’une troisième, et encore plus...
Cela continue ensuite avec une baston, suivie d’une deuxième, puis d’une troisième...

L’Angleterre « ouvrière », vue à travers un hooligan fidèle supporter de Chelsea et ses quelques pôtes...
Un bouquin qui traite avec passion du foot, de la bière et de la baston ! Voilà pourquoi j’ai adoré « Football Factory », un livre sur la virilité, l’imbécillité humaine ou tout simplement la passion…

« Les chaînes n’accordent aucune importance aux supporters, mais sans le bruit, sans le mouvement des spectateurs, le foot, ce ne serait rien. C’est une histoire de passion. [...] Sans la passion, le foot est mort. Reste vingt-deux mecs adultes en train de courir après un ballon sur un bout de gazon. C’est assez con, franchement. Ce sont les gens qui en font une fête. Ils s’échauffent et tout décolle. Quand tu as une passion, n’importe laquelle, elle déborde. C’est parfois ce qui arrive, avec le foot. Enfin pour moi, c’est comme ça. Tout est lié. Ils ne peuvent pas séparer le football de ce qui se passe à l’extérieur. Ils peuvent te forcer à te tenir à carreau, sous l’œil des caméras de surveillance, mais quand tu t’éloignes un peu, l’illusion finit, et c’est la vie qui prend le relais. »

Et la vie dans cette Angleterre, on ne peut pas dire que se soit le paradis idéal, un lieu de rêve où les gens sont heureux de se retrouver tous ensemble, heureux de leur journée passée à bosser durement mais honnêtement...

Le foot n’est qu’un prétexte pour pénétrer dans l’intimité d’une bande de jeunes (et moins jeunes), voyous, casseurs. Ces hooligans nous font découvrir un autre univers, une autre société où ils se sentent foncièrement exclus. Entre absence de travail, ou travail de merde, répétitif, ennuyeux, sans considération aucune, le foot est devenu un exutoire. Le quotidien se fait uniquement en fonction des matchs à venir.

Parce que l’Angleterre d’aujourd’hui, « c’est d’une putain de laideur, bourré d’usines abandonnées, de villes fantômes où traînent des gosses désabusés et des parents dégénérés. »


La recherche des supporters entre les rues de Londres ou de Liverpool, les stations de métro, les pubs bourrés de supporters ennemis, le jeu de cache-cache avec la police jusqu’à l’affrontement final...
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Le Mouton Sauvage
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MessageSujet: Re: John King [Angleterre]    25/6/2010, 14:43

En préambule quelques règles pour bien comprendre le sujet...

  • Règle N°1 : être toujours en bande. Tout seul, je ne suis rien mais à plusieurs, je suis prêt à dérouiller n’importe qui...
  • Règle N°2 : bien se tenir au stade. Là-bas on y va pour encourager notre équipe, la supporter qu’elle joue bien ou mal. Surtout pas de baston, du moins pas tant que le système de vidéosurveillance ultrasophistiquée est en état de fonctionnement. La castagne c’est dehors, dans les rues, dans le métro, là où les vidéos sont absentes, là où on ne va pas se faire chopper pour ces futilités...
  • Règle N°3 : les supporters de Tottemham ne sont que des merdes puantes (excusez mon langage populaire, je ne suis que supporter) à exterminer. Et si en plus ce sont des pakis, des feujs ou des nègres, cela procure encore plus de plaisir...
  • Règle N°4 : casser du flic est la jubilation suprême, le signe d’une soirée réussie. Je veux bien me bourrer la gueule avec de la pisse d’âne, me passer de bastons avec les supporters d’autres clubs, si dans la soirée, j’ai la possibilité d’en découdre avec un flic. Et là, nous sommes tous solidaires !


Une société libérale qui a laissé pour compte les ouvriers et les chômeurs, qui les a exclus de toute vie sociale et qui tente même de les exclure des stades de foot (les pauvres sont devenus indésirables partout). Ils ne leur restent que cet amour pour la cuite (oublier leur avenir sombre et sans espoir) et pour la castagne (se défouler de toutes frustrations).

« Nous trois, on a choisi notre route, et on ne s’en est pas trop mal tirés. On travaille, on a de l’argent dans la poche. On a de bons potes, une famille unie, et on ne se trouve pas comme des cloches quand on veut une nana. On se marre bien.
On doit être comme les nègres, d’une certaine façon. Des nègres blancs. De pauvres blancs. De la merde blanche. Nous sommes une minorité, parce que nous sommes soudés. Peu nombreux. Fidèles, loyaux. Le foot nous donne quelque chose en plus. La haine, la peur nous rendent différent. Et on est issus de la majorité silencieuse, ce qui fait que les connards qui nous dirigent n’arrivent pas à nous repérer. Nous partageons la plupart des idées de masse, mais nous les avons adaptés en nous. Nous sommes haïs des riches, et inacceptables des socialistes qui se la joue charitable. Nous sommes satisfaits de nos vies, nous n’avons pas besoin de travailleurs sociaux. Aucun de nous ne se retrouve à la rue, dans le froid, seul et dépressif, niqué par la drogue ou l’alcool, ou tout ce qui peut traîner comme merde, à te guetter pour te baiser la tête. Non, on a la tête sur les épaules. Trois gars normaux qui s’intéressent au foot, parce que ça fait partie de leur vie. Certains entrent dans l’armée, d’autres chez les flics. D’autres encore décident de tuer les gens par la politique ou par la finance. »


Le racisme se vit au quotidien, les rancœurs aussi. Le fossé se creuse entre les générations, entre les cultures, entre les riches et les pauvres. Mais, seul le foot semble encore avoir cette petite "aura" capable de réunir et de souder le peuple. Le désespoir se sent à chaque coin de rues. L’avenir ne fait plus illusion, sombre, sans espoir, sans rêve ni trêve. Les punks ne sont plus là mais l’anarchie reste omniprésente dans l’esprit de ces anglais oubliés de leurs « dirigeants ».

« Football Factory » de John King, un roman aux odeurs de kebabs et de curry, entre « 1984 » et « Orange mécanique » ... S’ensuivent alors d’autres romans qui eurent un retentissement moindre (pas sûr d’ailleurs qu’ils soient déjà sortis en poche) avec La Meute, Human Punk et Aux couleurs de l'Angleterre.

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