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 Tonino Benacquista

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Le Mouton Sauvage
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MessageSujet: Tonino Benacquista   9/10/2010, 06:46

Pour démarrer le fil, un petit peu de biographie, histoire d'apprendre, avant les écrits, la vie de ce Tonino...

Tonino Benacquista est né à Choisy le Roi le 1er septembre 1961. Il étudie au lycée Romain Rolland à Ivry où il fréquente un certain Maurice Dantec et Jean-bernard Pouy. Après avoir suivi des études cinématographiques à Censier, il abandonne l’université pour exercer de nombreux petits boulots dont accompagnateur de nuit aux wagons-lits, accrocheur d’oeuvre dans une galerie d’art contemporain, pizzaïolo ou parasite mondain... Ces métiers lui assurent une indépendance financière et lui permettent de se consacrer à l’écriture de son premier roman Epinglé comme une pin-up dans un placard de G.I qui sera publié au Fleuve Noir.

Bio sortie de L'ombre du polar.

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MessageSujet: Re: Tonino Benacquista   9/10/2010, 06:50

Première histoire : « La Boite Noire ».

« Il y a eu cet énorme rayon de lumière. J’ai senti que mon corps s’élevait à l’aplomb, dans les ténèbres, à une vitesse folle. J’ai eu peur de heurter une borne invisible du cosmos. Un souffle d’air chaud m’a ramené sur terre et m’a couché, lentement, au beau milieu d’un pays d’horreur. Là, immobile, incapable de me hisser sur mes jambes ou même d’ouvrir les yeux, je n’ai pu que les entendre : chiens hurleurs et loups affamés, hyènes meurtries au rire aigre, feulements de fauves autour de ma carcasse. Le silence et l’oubli ont mis des siècles à tisser un cocon où, enfin, j’ai pu me lover tout entier.

Jusqu’à ce qu’un Dieu de miséricorde me rende la vue.

Et la vie. »


Une nuit de coma et la vie bascule. La faute à cet accident de voiture dans les Pyrénées et à cette infirmière, Janine. Je lui en veux, elle m’a pris la vie. Vie Volée et Violée. Dans la chambre d’hôpital, je délire, blabla continu et incessant et elle qui se prend pour une sténodactylo. Elle note tout, mais ce n’est pas moi. C’est mon inconscient qui parle. Qui voudrait connaître cet inconscient ? Qui souhaiterait connaître les détails les plus profonds de sa conscience ? Merde, mais ma conscience ne me regarde pas. Elle doit rester enfouie au fond de moi, enfermée comme dans une boite noire. D’ailleurs, c’est MA boite noire qui ne regarde personne d’autre, pas même moi… Alors, oui, le jour où elle m’a donné le résumé de ma conscience ma vie a basculé.


Voilà ma première histoire, première nouvelle... D'autres vont suivre, ce n'est que le début de ma lecture du jour...
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MessageSujet: Re: Tonino Benacquista   11/10/2010, 14:17

« - Je vous parie un autre bourbon que la pluie va cesser dans moins de deux minutes.
Le serveur me regarde, un sourire en coin.
- Vous plaisantez, les gouttes sont encore grosses comme des verres de whisky.
- Vous pariez ou pas ?
Il regarde sa montre et me donne le top. Le jukebox se tait. J’ai les yeux crispés, fort.
Quand je les ouvre, le serveur, un pan de rideau en main, regarde dehors. Il se retourne vers moi, éberlué. »
Extrait : « Un temps de blues ».



« Tout à l’égo » comprend une dizaine de nouvelles de l’auteur, dont La Boite Noire. Des nouvelles souvent légères à la douce ironie. Des fins souvent ponctués par un rebondissement inattendu en fait une lecture plaisante et distrayante. Des nouvelles pour passer le temps, sans se prendre trop au sérieux, qui reposent souvent sur des histoires de familles. Des nouvelles pour le moins touchantes qui prêtent parfois au sourire malgré les enjeux terribles qui peuvent se jouer au sein d’une cellule familiale.

Pour preuve : « Bobinages ». Une banale histoire familiale qui va tourner au drame. La scène : une petite ville de campagne où tout le monde se connait, se dit bonjour et se côtoie dans les règles de politesse d’usage. L’évènement : l’arrivée tant attendue au sein du foyer d’un magnétoscope qui va resserrer ainsi les liens entre les générations avec des soirées cinéma autour de Terminator 2, Recherche Susan Désespérément, Le Lauréat… Le drame : tout est parfait, jusqu’au jour où une cassette reste bloquée à l’intérieure. Impossible de la sortir, reste à l’envoyer au réparateur du village, alias le beau-frère en personne. Sauf que le paternel traîne la patte pour l’emmener réparer et l’union familiale se désunit aussi facilement que les liens avaient pu se tisser autour de cette nouvelle (pour l’époque) technologie. Pourquoi le paternel ne veut pas l’envoyer au stand de réparation ? Ce que la famille ne sait pas, c’est que la cassette bloquée à l’intérieur est : « Salopes en chaleur »… Vous voyez le topo, comment le paternel va pouvoir sortir digne d’une telle affaire d’état ?

Dans ces nouvelles, on y découvre épisodiquement les petits travers de chacun, on y croise la route de Harrison Ford en même temps que celle d’un condamné à mort d’une « république » exotique, on y comprend pourquoi le vieux veut être enterré prêt d’un bordel d’antan… On s’y amuse souvent, on sourit, on imagine… Cela pourrait être nous le héros malheureux de la nouvelle, même si en fait c’est toujours le voisin. Au fait, une question sans réponse : Vous faisiez quoi Le 17 juillet 1994 entre 22 et 23 heures ?

« - Tu as bien dormi, Minou ?
Minou c’est Catherine, la femme de ma vie, je l’ai épousée il y a douze ans. Elle se plaint depuis longtemps d’avoir les fesses qui tombent et cherche à m’en persuader, mais je note aucune différence. […] »
Extrait : « Transfert ».
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MessageSujet: Re: Tonino Benacquista   13/10/2010, 14:40



Rencontre avec Tonino Benacquista et Daniel Pennac à l'occasion de la sortie du dernier album de Lucky Luke, dont ils sont co-scénaristes.


Au cours d'une interview pour le journal L'Express et pour les passionnés de BD, une légende de l'Ouest :

T. B. : J'ai appris beaucoup de choses en lisant les albums de Lucky Luke. Même si l'intrigue ressemblait à du bricolage historique, il y avait toujours un fond de vrai sur les légendes de l'Ouest américain. Cela m'enchantait. Quand on a commencé à travailler, on a cherché le type d'aventures que l'on pourrait faire vivre à Luke. Et, bien souvent, on s'est rendu compte que l'album existait déjà.

D. P. : Ma première idée était : les Dalton créent un journal où la diffamation prend la place de l'information et deviennent des magnats de la presse. Pas de chance : Morris et Goscinny avaient déjà fait Le Daily Star. C'était différent, mais le cousinage était embêtant.

T. B. : Après, on a cherché une figure davantage qu'une aventure. Notre affection pour la Série Noire nous a amenés au personnage d'Allan Pinkerton. Dans certains romans de Raymond Chandler, on trouve un agent de chez Pinkerton. Et Dashiell Hammett lui-même a travaillé chez Pinkerton. L'homme a existé et il aurait pu rencontrer Lucky Luke.

D. P. : Pinkerton est un type très important dans l'histoire du renseignement américain. L'idée d'opposer, sur le plan de la justice, Lucky Luke à un rival, ça a fait tilt. Un cow-boy qui suit des marques de fer à cheval contre un type qui met tout le monde en fiches. Une machine d'Etat, embryon du FBI, se met en place qui va isoler Lucky et le frotter à la modernité. C'était excitant. La graine était là : on avait trouvé une figure jamais utilisée. On a imaginé une histoire autour des agents de Pinkerton devenus des briseurs de grève, mais on s'est embourbés. On est alors revenus aux Dalton et on a trouvé l'intrigue. L'un de nous deux, je ne sais plus lequel, lance une idée comme un ballon de rugby dont on ne sait jamais où il va rebondir : "Pinkerton arrête les Dalton et Joe fait une crise : "C'est à Lucky Luke de nous arrêter. A personne d'autre !"" Ça n'a l'air de rien, mais cette idée était de la dynamite dramatique. Voilà un type, Pinkerton, que Joe va haïr plus que Lucky Luke. Une véritable révolution copernicienne !

T. B. : Il faut préciser ici la très grande affection de Daniel pour Joe.

D. P. : Cette idée que ce con de Joe va piquer une crise d'identité a lancé le récit. Ensuite, la politique sécuritaire de Pinkerton entraîne une surpopulation carcérale et Joe se retrouve en taule avec des gens quasi honnêtes. La dynamique de l'histoire vient de cette fureur de Joe contre Pinkerton. Lucky Luke est la victime jusqu'au moment où un événement le revalorise.



Quelques planches sur ce lien...
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