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 Maxence Fermine

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MessageSujet: Maxence Fermine   29/8/2009, 19:31

Un petit livre comme j'aimerais en découvrir plus, lu il y a quelques temps, je me souviens d'un souffle.



Neige - Maxence Fermine


L'histoire de Yuko, un sympathique jeune homme qui préfère la poésie à la guerre et qui contemple la neige, il la contemple, l'apprivoise par des haïkus et la découvre... la neige... la vie ...


On a rarement vu prose et poésie associées en si totale symbiose : un miracle d'équilibre. Sans prétention avouée, ce petit conte nourrit pourtant plus d'ambition qu'il n'y paraît, abordant les thèmes de l'amour, de la mort et de la création.

Et si charmeuse soit-elle, cette authentique poésie cache une violence sourde et une vraie profondeur de pensée. Il faut saluer également la présentation, très soignée, illustrée par des encres de Georges Lemoine.
(dans l'édition broché Seuil).

La réussite d'un premier roman se mesure souvent à son originalité, à l'effet de surprise. Mais si la surprise est bien présente à travers ce beau texte de Maxence Fermine, elle se manifeste par des voies inattendues : discrétion, modestie et simplicité de ton, mises au service d'une écriture dépouillée, sans artifices.

Cette forme, étroitement inspirée des haïkus japonais, correspond très précisément à son héros, un jeune poète obsédé par la neige et les haïkus… profondément imprégné de culture japonaise, l'auteur a su s'en libérer pour créer une œuvre très personnelle.

On a rarement vu prose et poésie associées en si totale symbiose : un miracle d'équilibre. Source éditeur
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MessageSujet: Re: Maxence Fermine   30/8/2009, 06:28

Citation :
Yuko Akita avait deux passions.
Le haïku.
Et la neige.

Le haïku est un genre littéraire japonais. Il s’agit d’un court poème composé de trois vers et de dix-sept syllabes. Pas une de plus.

La neige est un poème. Un poème qui tombe des nuages en flocons blancs et légers.
Ce poème vient de la bouche du ciel, de la main de Dieu.

Il porte un nom. Un nom d’une blancheur éclatante.

Neige.

Une magnifique œuvre, si pure et si zen qu'elle aurait pu être écrit par un japonais...
Vers une découverte des haïkus mélangés à la blancheur de la neige ; Tout est beau et raffiné dans ce (trop) court roman : la poésie, les mots, les images et les émotions ; même le papier semble d'une douceur telle qu'on a l'impression de caresser la neige.
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MessageSujet: Re: Maxence Fermine   30/8/2009, 06:35

Le papier ... tu as quelle édition ?

Celle avec les encres ?

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MessageSujet: Re: Maxence Fermine   30/8/2009, 06:49

Malheureusement non, j'ignorai cette édition.
Je me suis contenté du vulgaire livre de poche, mais j'ai trouvé que le papier était plus épais qu'à l'accoutumée.
Était-ce volontaire, était-ce pour rendre le livre un peu plus gros, était-ce juste une impression sublimée par la beauté du texte posé sur ces pages blanches, toujours est-il que Neige est gardé au sein de ma bibliothèque comme un petit objet précieux et futile, que je relirai dans quelques mois ou années...

Je ne connaissais pas les encres que tu mentionnes...
Du coup, j'ai essayé de trouver ces illustrations de George Lemoine, mais pour le moment mes recherches ne sont guère fructueuses...
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MessageSujet: Re: Maxence Fermine   15/7/2010, 14:47

Billard Blues.

« …ici, ce n’est pas la simple arrière-salle d’un club de billard à la noix, non, mais un lieu magique, tout au bout de la route du blues, à Chicago, au Septième Ciel de la musique noire, quelque part dans l’infini de la vraie vie, là où la musique se joue à tous les coins de rues… Et on y vient d’abord pour écouter du blues !
Pas n’importe quel blues. Juste celui qui arrache les tripes et fait couler les larmes, celui qui vous tient debout et vous fiche par terre en même temps. Le blues qui vient du Sud, de Louisiane, du Mississipi, et qui est remonté lentement vers le Nord, de guitare en harmonica, au rythme lancinant de ses douze mesures passant par Memphis, Nashville, Saint Louis et Chicago !
Moi j’étais venu à Chicago pour cette musique et j’ai joué dans ce club, le Billard Blues, et je ne l’ai pas regretté. Quand tu possèdes la musique, tu possèdes tout. Le blues, c’est un don du ciel, quelque chose qui coule dans tes veines, qui te nourrit et te remplit l’âme. »


Parfois, il ne faut pas grand-chose au bonheur des gens. Quelques notes de blues, et cela change la vie. Affalé sur mon tabouret fétiche du « Billard Blues », j’assiste à une partie de billard mémorable entre deux vraies légendes, Willie Hoppe et Al Capone. Chicago, année 30, le whisky de contrebande et le coup fumeux du Diamond Drink… Une guitare vient combler l’atmosphère du club. Cela pourrait être celle de Muddy Waters, de Sonny Boy Williamson ou de Lightnin’ Hopkins… Peu importe, le blues est là et déchire l’âme qui sommeille en moi pendant que je m’enfile pintes de bières et shots de whisky frelaté. C’est ce qu’il faut retenir de cette histoire ? La vie est faite de blues, mais pour bien la comprendre, il faut ressentir le soleil brûler votre peau dans les champs de coton et ainsi ressentir la mélancolie de l’esclave qui s’échappe de sa misère en prenant sa guitare et en jouant sa complainte sur trois accords. Alors la vie devient belle, émouvante et libre ! Et ce soir, en repensant à cette partie de billard, je me sers un verre de bourbon et j’écoute… John Lee Hooker !

One Bourbon, One Scotch, One Beer



Hobo Blues


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MessageSujet: Re: Maxence Fermine   21/7/2010, 14:36

Jazz Blanc.

« Le jazz. Voilà la raison principale de la vie de Max Coleman. Il l’avait dans le sang. Pourtant il était blanc, pas noir, ni même afro-américain ou métis. Tout ce qu’il y a de plus blanc. Et cependant il avait un sens terrible du phrasé musical, beaucoup d’originalité dans ses improvisations et un swing éblouissant.
Le swing. Voilà le maître mot. Sans le swing, le jazz n’existerait probablement pas. C’est ce qui balance, ce qui vous force à claquer des doigts, à danser, à vivre la musique comme seul le jazz sait le faire.
Le sax, le jazz et le swing. Les trois moteurs de la vie de Coleman. Sans oublier l’alcool. Avec ça on peut vraiment commencer. »


J’ai quitté le Billard Blues de Chicago avec quelques notes de John Lee Hooker en tête. J’ai tracé ma route jusqu’au Jazz Blanc, jusque dans les années 60. Le Jazz Blanc est un club de New-York sur la 52ème rue. Quelques années plus tôt, y trainaient les saxophones de Lester Young, de Coleman Hawkins, de Charlie Parker ou John Coltrane. Mais les temps changent, et le jazz ici est devenu blanc avec le saxophone imbibé d’alcool de Max Coleman. Je peux vous en parler de ce club, j’en suis le serveur et je peux même dire que Max est devenu un ami, toujours fidèle à son poste, toujours un bec dans la bouche et un verre dans la main. Parfois c’est l’inverse, ou même souvent. Toujours est-il que la musique de Max, même complètement éméché, vous transforme et vous retourne. Car il a le swing et il sait en jouer. Sans paraître trop indiscret, je vous raconterai bien avec la belle Diana King dont il tomba follement amoureux (faut dire qu’elle a des jambes si somptueuses et une voix si sensuelle).

« Entre lui et moi, existait un code. Chaque fois qu’il avait soif, il prenait son saxo et jouait quelques notes d’un thème de sa composition. Un air qui revenait comme un jingle. Un morceau qu’il avait appelé Blue Alcool. Il le jouait d’une manière jazzy classique pour une vodka et d’une manière virtuose et brutale pour un whisky. Ce qu’il faut dire, c’est que Coleman jouait souvent avec une grande virtuosité.
Le jour où tu m’entendras jouer Blue Alcool très lentement, à la façon blues, avait-il l’habitude répéter, alors tu pourras me servir un grande verre d’eau fraîche et te dire que le saxo du grand Max Coleman est bon pour la casse !
Et c’est vrai que l’ivresse lui permettait de jouer comme un dieu. En un sens, ça le désinhibait et lui donnait une aura particulière, un style coulé extraordinaire. Inutile de vous préciser que, pendant tout ce temps-là, je ne l’ai jamais entendu jouer Blue Alcool à la façon blues. »


Et si un jour, Max Coleman décide d’arrêter de boire, il est à craindre que sa musique deviendra quelconque, d’une platitude si banale comme si on allongeait mon whisky avec de l’eau plate, voir même des glaçons. Avant que cela arrive, je préfère mettre les voiles : direction Las Vegas, ses lumières, ses casinos et ses parties de « Poker » pour une troisième nouvelle de Maxence Fermine contenue dans ce mini recueil qu’est « Billard Blues ».


« Le jazz, disait-il, c’est de la haute couture. Tu peux rejouer chaque soir la même mélodie, en utilisant les mêmes notes, ce ne sera jamais tout à fait la même. Chaque pièce est unique. Comme si tu brodais une robe différente chaque fois avec l’aiguille de ton saxophone et le fil de la musique. De loin, tu pourrais croire qu’il s’agit de la même robe. Mais si tu y regardes de plus près, tu t’aperçois que la finition n’est jamais la même.
Dixit Coleman. »

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MessageSujet: Re: Maxence Fermine   28/12/2010, 14:01

Moi aussi je veux lire "Billard Blues" !

Commentaire à teneur hautement insipide de ma part, mais ... merci d'avoir parlé de ce bouquin !

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MessageSujet: Re: Maxence Fermine   30/12/2010, 02:59

Utopie a écrit:
Moi aussi je veux lire "Billard Blues" !

Commentaire à teneur hautement insipide de ma part, mais ... merci d'avoir parlé de ce bouquin !

Rien n'est hautement insipide de ta part...
Mais de là à vouloir lire absolument Billard Blues, tu y vas un peu fort.
Rien à voir avec Neige qui est une évidence même.
Billard Blues, c'est juste un petit passage non obligatoire dans les clubs enfumés de blues et de billard. Une petite escapade amusante et divertissante, histoire de te donner envie de boire une pinte ou un signle malt (ne me dit pas les deux en même temps !). Il ne faut pas voir cela comme une oeuvre majeure de l'auteur, mais simplement comme l'occasion de croiser la route d'un joueur de blues, d'un passionné de jazz, le temps d'une partie de poker ou de billard...
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